
La loi thaïlandaise permet à toute personne, y compris aux étrangers vivant dans le royaume, de préciser à l’avance les traitements qu’elle ne souhaite pas recevoir en fin de vie. Ce « testament de vie », reconnu par la loi nationale sur la santé de 2007, permet d’éviter que les proches ou les médecins aient à décider seuls lorsque le patient n’est plus en mesure de s’exprimer.
En Thaïlande, il est possible d’établir un living will, ou « testament de vie », pour refuser à l’avance certains traitements lorsque l’on se trouve en phase terminale d’une maladie ou d’une blessure incurable.
Le dispositif repose sur l’article 12 de la National Health Act de 2007. Les médecins qui respectent une déclaration conforme sont protégés juridiquement.
Pour les étrangers installés en Thaïlande, ce document peut être particulièrement utile lorsque la famille vit à l’étranger ou lorsque le conjoint ou les proches ne connaissent pas précisément les souhaits du patient.
Ce que permet le testament de vie
Le document ne doit pas être confondu avec l’euthanasie, qui reste illégale en Thaïlande.
Il n’autorise pas à provoquer activement la mort. Il permet seulement de refuser certains traitements qui prolongeraient artificiellement la phase terminale sans perspective de guérison.
Il peut notamment concerner la réanimation, la ventilation mécanique, l’intubation, la dialyse ou certaines formes d’alimentation artificielle.
Les soins palliatifs et les traitements destinés à soulager la douleur doivent, eux, continuer.
Quand s’applique-t-il ?
Le testament de vie entre en jeu lorsqu’une maladie ou une blessure incurable place le patient en phase terminale et que la mort est attendue à brève échéance selon les standards médicaux.
La réglementation couvre également les situations de perte complète et irréversible des fonctions du cortex cérébral.
Il ne s’agit donc pas d’une consigne générale de ne jamais réanimer : son application dépend de l’état médical du patient et du contenu exact de la déclaration.
Qui peut le rédiger ?
Les recommandations officielles retiennent 18 ans comme âge de référence.
Le document doit identifier clairement son auteur, préciser les traitements refusés, être daté et signé, et comporter l’identité d’au moins un témoin.
Un étranger peut utiliser son passeport ou un autre document d’identification approprié selon les modalités retenues par l’établissement ou le professionnel de santé.
Il est également possible de désigner une personne chargée d’expliquer ou de préciser ses volontés auprès des médecins.
Penser aussi aux souhaits personnels
Le document peut aller au-delà des seuls traitements médicaux.
Il peut mentionner le lieu souhaité pour la fin de vie, un accompagnement religieux ou spirituel, ou encore certaines pratiques culturelles que la personne souhaite voir respectées.
Un document à préparer avant l’urgence
Il n’est pas nécessaire d’être gravement malade pour rédiger un testament de vie.
Il peut être modifié ou révoqué à tout moment, et la version la plus récente prévaut. Il est donc essentiel d’en informer ses proches, son médecin et, si possible, l’établissement où l’on est suivi.
Pour les personnes atteintes d’une maladie chronique ou grave, il est recommandé d’en discuter en amont avec leur médecin afin de comprendre les conséquences concrètes des choix exprimés.
Pour les étrangers vivant en Thaïlande, ce document peut surtout éviter une situation difficile : laisser les proches ou l’équipe médicale décider seuls, dans l’urgence, de soins que le patient aurait peut-être refusés.
Les modalités pratiques peuvent varier selon les établissements. Les personnes souhaitant établir un testament de vie en Thaïlande peuvent utilement en discuter avec leur médecin et, si nécessaire, avec un conseil juridique.
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