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VIETNAM – TOURISME : Deuxième volet de notre escapade à Hoi An (2/3)

Journaliste : Thefabworld Date de publication : 28/08/2026
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Nous publions ici le second volet de l’escapade touristique et littéraire à Hoi An de notre ami Thefabworld. Amis lecteurs familiers du site, n’hésitez pas à réagir !

 

Second volet : Hoi An en robe d’été

 

 

Les bougainvilliers dévalent les façades jaunes, le chèvrefeuille de Rangoun parfume les ruelles et les lotus émergent des étangs de la campagne voisine. La lumière devient plus dure, les couleurs plus franches, les ombres plus précieuses.

 

Oui, il fait chaud.

 

Très chaud.

 

Mais pour le voyageur averti, c’est le prix à payer pour voir la ville sous sa plus belle lumière. La ville n’est pas étouffante, elle est incandescente. Et puis, cette chaleur de juin impose une discipline de voyage d’un raffinement total.

 

Elle force à adopter le rythme de la terre. Comme pour mieux se retrouver.

 

La flore dévore la cité

 

En juin, la végétation liquide ses pudeurs et prend d’assaut l’ancienne cité marchande.

 

C’est l’instant où le paysage gagne en intensité visuelle pure, saturé par la verdeur électrique des rizières et l’éclosion massive des fleurs. La nature ne décore plus la ville, elle la submerge.

 

Les bougainvilliers géants, signatures de l’été à Hoi An, ne sont pas de petits arbustes timides. Ce sont des vagues géantes, des cascades de fleurs fuchsia, magenta ou violettes qui dégringolent des toits de tuiles yin-yang et drapent les façades des anciennes maisons de négociants. Sous la lumière crue de juin, le contraste entre ce rose saturé et la patine jaune ocre des murs offre une poésie urbaine brute.

 

Presque violente pour l’œil.

 

Dans cette ruée vers la lumière, le chèvrefeuille de Rangoun joue les acrobates. Cette liane de contrebande jette ses vrilles en funambule sur les balcons de bois de fer et les portes délavées, exploitant la moindre faille pour escalader le patrimoine et suspendre ses grappes lourdes de parfums juste au-dessus de la tête des passants.

 

Plus discret, le cây lộc vừng (Barringtonia) choisit la nuit pour sa mise en scène. Ses fleurs, semblables à de fins feux d’artifice rouges, s’ouvrent dans l’obscurité pour s’effondrer dès l’aube, tapissant le sol du bord de rivière d’un tapis éphémère et sanglant.

 

Les frangipaniers refusent encore le premier rôle. Ils fleurissent déjà dans les jardins et au détour des pagodes, distillant leur parfum sucré dans l’air chaud du soir. Mais ils semblent attendre leur tour.

 

Juin appartient aux bougainvilliers.

 

Juillet leur donnera la vedette.

 

Aux lisières de la ville, le spectacle change d’échelle. Les flamboyants s’embrasent d’un rouge orange vif qui découpe le ciel bleu comme un coup de pinceau rageur. Pour les Vietnamiens, c’est l’emblème absolu de l’été et des vacances scolaires.

 

Plus bas, dans les zones humides qui bordent les rizières et les bras morts du fleuve, les étangs de lotus entrent en scène. C’est entre 6h00 et 7h30 du matin qu’il faut surprendre leur éclosion, lorsque les corolles encore gorgées de rosée se dressent au-dessus des feuilles d’un vert profond. Le rose tendre des pétales vient alors suspendre le temps, offrant un court instant de fraîcheur avant la rudesse du cagnard qui s’annonce.

 

Retrouver le goût des journées longues

 

En juin, à Hoi An, la chaleur impose de ralentir. Non par contrainte, mais par intelligence.

 

Elle force à adopter le rythme de la terre.

 

On se lève tôt. On profite des heures fraîches. On marche, on pédale, on photographie. Puis, lorsque le soleil prend possession du paysage, on se retire naturellement à l’ombre.

 

C’est là que quelque chose de rare se produit.

 

Hoi An cesse d’être une destination à visiter pour devenir un lieu à habiter.

 

Les matinées appartiennent aux découvertes. Les heures chaudes à la piscine, à la plage d’An Bàng ou de Cua Daï, à la sieste ou à un long déjeuner de fruits de mer. On laisse les groupes s’agiter sous le soleil pendant que l’on savoure ce luxe devenu rare : ne rien avoir d’urgent à faire.

 

Puis le jour bascule.

 

La terre restitue lentement la chaleur accumulée, les ombres s’allongent et la lumière prend une teinte dorée. Les rues retrouvent leur animation. Une terrasse appelle un verre, la rivière invite à une promenade et la vieille ville recommence doucement à vivre.

 

C’est peut-être cela, le vrai privilège de Hoi An en juin : retrouver le goût des journées longues, lentes et parfaitement inutiles.

 

Le Vietnam reprend la main

 

Enfin, juin est aussi le temps des vacances scolaires vietnamiennes. Les familles reprennent alors possession de la ville.

 

La bande-son change.

 

Dans les ruelles, le vietnamien couvre désormais l’anglais et le français. Les plages se remplissent de groupes d’amis, les cafés de familles venues passer quelques jours au bord de la mer et les restaurants de grandes tablées où plusieurs générations se retrouvent autour de poissons, calamars, crevettes et autres coquillages que la mer a donné à l’aube.

 

Le voyageur n’observe plus seulement Hoi An. Il la partage.

 

À l’heure du déjeuner, il se retrouve au coude à coude avec les habitants autour d’un bol de cao lau dans une échoppe de rue. En fin d’après-midi, il regarde les grands-parents accompagner leurs petits-enfants dans les vagues d’An Bàng ou les familles déambuler sous les lanternes avant le dîner.

 

Ça rit fort. Ça crie parfois. Ça se bouscule un peu aussi.

 

Mais cette présence locale change subtilement l’atmosphère de la ville.

 

Pendant quelques semaines, Hoi An n’est plus seulement une destination touristique. Elle redevient le Vietnam.

 

Et ça change tout.

 

Retrouvez ici le premier volet.

 

Thefabworld à Hoi An

 

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