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VIETNAM – FRANCE : 70 ans après Dien Bien Phu, ce que l’histoire nous enseigne

Date de publication : 13/05/2024
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Indochine Georges Boudarel

 

Nous vous l’avions déjà indiqué, nos lecteurs se passionnent pour la mémoire, en particulier celle de la bataille de Dien Bien Phu. Voici ce que nous avons reçu de l’un d’entre eux.

 

La guerre d’Indochine fût une guerre d’abord lointaine et surtout perdue, la défaite de Dien Bien Phu en marqua la fin. En novembre 1954 débute la guerre d’Algérie avec l’assassinat de deux instituteurs dans les Aures. C’est la toussain rouge. La déchirure algérienne, dont les prémisses remontent aux massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945, balaye l’Indochine de la mémoire collective avant que celle ci ne soit submergée par le Vietnam des Américains et leur puissance de feu.

 

Le film de Joris Ivens concerne cette période. Et pourtant la guerre d’Indochine a cristallisé des sentiments violents et contradictoires chez ceux qui en ont été les acteurs et des deux côtés. Les témoignages sont abondants. Du côté français, la haine de l’idéologie communiste n’a pas empêché de témoigner d’un grand respect pour le combattant ennemi et jusqu’à maintenant. Cette guerre a trainé son lot de confraternités avec les populations locales non exemptes des violences qui accompagnent la colonisation et la guerre : racisme, asservissement des femmes, exactions en tous genres, etc. De nombreux témoignages nous décrivent aussi les plaisirs des villes et, toujours, la dureté du climat tropical.

 

Du côté de l’armée française, des engagés (contrairement à l’Algérie), et leurs manifestations de l’exercice de la puissance occupante d’une dureté souvent immodérée sur les populations locales dureté, parfois transformée en atrocités, par des militaires subalternes très souvent en butte à la hiérarchie militaire et au haut commandement… Cet épisode de l’histoire française et de la décolonisation est quasiment absent de la mémoire de la majorité des Français que l’exhumation du 70ème anniversaire de la bataille de Dien Bien Phu rappelle à nos mémoires en proie à l’indifférence… En 1991, l’oubli de cette période fût interrompu par une conférence de Georges Boudarel à l’occasion d’un colloque au Sénat.

 

Jusque là oubliées, d’anciens combattants d’Indochine, présents, réouvrirent les plaies en particulier celles de l’histoire des camps des prisonniers et tout spécialement le camp 113. Un camp dans lequel G. Boudarel, engagé comme professeur à Saïgon en 1951, était accusé d’avoir rempli les fonctions de commissaire politique aux côtés des Vietnamiens à partir de 1952. Cette information fût contestée au motif qu’un français ne pouvait exercer une telle fonction (article de Laurent Schwrtz dans “Le Monde”). L’engagement de G. Boudarel était un exemple d’engagement idéaliste “jusqu’au boutiste”, radical (comme l’histoire récente en fournira d’autres exemples) qui lui a été reproché. Une critique à laquelle il aurait peut être échappé s’il s’était engagé du côté français ; L’affaire se renouvellera, pendant la guerre d’Algérie, avec les “porteurs de valises”. Les actes reprochés à Boudarel ayant été amnistiés en 1966 (amnistie pour les délits et crimes commis en Indochine), une plainte pour crime contre l’humanité, considéré comme inamnistiable fût néanmoins déposée contre lui, puis rejetée par la cour de cassation dans un arrêt du 1er avril 1993 qui a considéré que la loi d’amnistie de 1996 s’appliquait également aux crimes internationaux.

 

Georges Boudarel continua ses cours d’histoire à Jussieu (Paris 7) en tant que Maître de Conférences, divisant les collègues et les étudiants sur la position à adopter (j’ai vécu cela de très près) et malgré les objurgations de Lionel. Jospin, alors ministre de l’Éducation nationale l’affublant du terme de “Kapo” et le déclarant indigne d’être professeur espérant le conduire à la démission faute de pouvoir intenter une quelconque procédure même disciplinaire. Dans une autobiographie parue en Georges Boudarel retrace son parcours et n’hésite pas à se définir, à l’époque, comme un “con”. Certains on trouvé cela un peu court pour analyser un exemple d’engagement politique et ses dérives… expliquer n’est pas justifier, expliquer 40 ans après les faits à l’aune d’une histoire ayant évolué sur une aussi longue période et surtout de l’actualité… montra les difficultés de l’exercice.

 

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