
La Thaïlande s’est engagée à réduire de 47 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 dans le cadre de l’Accord de Paris. Un objectif jugé ambitieux, qui implique une transformation rapide de son modèle énergétique et industriel, avec des impacts directs sur les entreprises.
Pour atteindre cette cible, le gouvernement prépare une loi sur le changement climatique, qui prévoit quatre principaux instruments : un système d’échange de quotas d’émission, une taxe carbone, des crédits carbone et un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Ces outils visent à donner un coût économique aux émissions et à inciter les acteurs à réduire leur empreinte carbone.
À l’échelle mondiale, plus de 50 pays ont déjà mis en place des systèmes de tarification du carbone, couvrant environ 28 % des émissions mondiales. En 2024, ces dispositifs ont généré près de 100 milliards de dollars de recettes publiques, majoritairement réinvesties dans des projets environnementaux.
Comparée à l’Union européenne, qui a lancé ses politiques climatiques dès 2005, la Thaïlande dispose d’un calendrier beaucoup plus serré. Pour respecter ses engagements, elle devra enregistrer des baisses d’émissions à deux chiffres chaque année, un rythme supérieur à celui de la plupart des autres pays de l’ASEAN. Cette contrainte pourrait entraîner des coûts plus élevés que chez ses voisins.
Le secteur de l’énergie figure parmi les principaux émetteurs de gaz à effet de serre du pays. Comme en Europe, il devrait devenir la cible prioritaire des politiques climatiques, en raison de son intensité carbone élevée et de la faible probabilité de délocalisation. Le plan de développement énergétique prévoit déjà une montée en puissance des énergies renouvelables, mais à un rythme potentiellement insuffisant pour atteindre les objectifs fixés.
Sur le plan commercial, l’impact du mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières reste limité pour la Thaïlande. Entré en vigueur en janvier 2026, il concerne six catégories de produits fortement émetteurs, mais seulement environ 1 % des exportations thaïlandaises vers l’Union européenne seraient affectées.
À moyen terme, la transition pourrait toutefois entraîner une hausse des coûts de production, notamment dans l’électricité, en raison d’investissements plus lourds et de contrôles environnementaux renforcés. Une évolution qui pourrait se traduire par des tarifs plus élevés et peser sur l’attractivité de la Thaïlande pour les investisseurs étrangers.
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