
À deux jours du scrutin du 8 février, Thanathorn Juangroongruangkit, figure de proue du mouvement progressiste et assistant de campagne du Parti du Peuple, a livré un discours très politique lors du dernier grand meeting de la coalition « Le peuple change le pays », le 6 février.
Revenant sur les huit années écoulées depuis la fondation du parti Future Forward en mars 2018, Thanathorn a retracé le parcours du mouvement, né selon lui dans un contexte de « régression démocratique », marqué par la restriction des libertés, la défiance envers la classe politique et l’héritage du coup d’État de 2014. À l’époque, a-t-il rappelé, le parti s’était donné pour mission de remettre la politique au cœur de la vie des citoyens, depuis les questions du quotidien jusqu’à la gestion des ressources nationales et du budget de l’État.
Le dirigeant a souligné que le projet initial visait à mettre fin à la domination des élites issues du putsch militaire et à bâtir un système politique fondé sur la souveraineté populaire. Il a réaffirmé l’ambition de faire de la prochaine décennie celle de l’achèvement de la transition démocratique, alors que le pays approche du centenaire de la révolution de 1932.
Thanathorn a insisté sur le fait que son mouvement avait voulu rompre avec les pratiques traditionnelles de la politique thaïlandaise, fondées selon lui sur le clientélisme, l’achat de voix et les réseaux familiaux. À l’inverse, il a défendu un modèle de parti structuré autour d’une idéologie, de la compétence et de l’intégrité, avec pour objectif de gagner d’abord la « bataille des idées » avant celle des urnes.
Une croissance revendiquée
Huit ans plus tard, Thanathorn estime que la stratégie porte ses fruits. Il a mis en avant la croissance du mouvement, passé de 60 000 membres à l’époque de Future Forward à 112 000 aujourd’hui au sein du Parti du Peuple, après l’étape intermédiaire du parti Move Forward. Il a également souligné l’augmentation du financement public reçu par le parti, qu’il présente comme un indicateur de confiance populaire.
Le responsable politique a longuement insisté sur la relation tissée entre le parti et ses partisans, évoquant les combats menés contre les monopoles, les poursuites judiciaires, les dissolutions de partis et les atteintes aux libertés. Selon lui, cette solidarité réciproque a permis de transformer un « vent du changement » en une véritable « tempête » capable de faire avancer la Thaïlande.
Un appel au vote
Dans la dernière partie de son intervention, Thanathorn a présenté l’élection du 8 février comme un choix fondamental entre deux visions du pays : « la peur ou l’espoir, le passé ou l’avenir ». Il a rappelé que le symbole du mouvement — le triangle inversé, représentant la primauté du peuple sur les élites — est resté le même malgré les dissolutions successives des partis.
Il a enfin appelé les électeurs à voter pour le bulletin orange, symbole du Parti du Peuple, afin de soutenir un projet qu’il présente comme porteur de démocratie, de justice et de progrès pour la Thaïlande.
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