
Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères examine les options juridiques permettant une éventuelle remise en cause du mémorandum d’entente signé en 2001 entre la Thaïlande et le Cambodge sur la coopération en matière de délimitation maritime, alors que les tensions diplomatiques avec Phnom Penh restent élevées.
Le ministre des Affaires étrangères par intérim, Sihasak Phuangketkeow, a précisé que le futur gouvernement devra approuver toute décision visant à annuler ou modifier ce texte une fois le nouveau cabinet en place. Il a ajouté que le Premier ministre et le Conseil de sécurité nationale thaïlandais examineront également ce dossier en raison de ses implications stratégiques.
Des options juridiques à l’étude
Selon Sihasak Phuangketkeow, les services du ministère compilent actuellement plusieurs scénarios juridiques, dont un recours accru aux mécanismes du droit international. Il a notamment cité le modèle des négociations maritimes entre la Thaïlande et la Malaisie, qui se déroulent sans cadre formel de type MOU bilatéral, comme exemple de solution alternative.
Cette réflexion intervient alors que les autorités thaïlandaises suivent de près les démarches diplomatiques du Premier ministre cambodgien Hun Manet sur la scène internationale. Bangkok se dit prêt à rectifier toute information jugée inexacte concernant le différend frontalier et maritime entre les deux pays.
Vigilance face aux initiatives diplomatiques cambodgiennes
Le ministère a confirmé qu’il suivait les récents déplacements de Hun Manet à l’étranger, y compris les informations faisant état de rencontres aux États-Unis avec le président Donald Trump. Les autorités thaïlandaises soulignent toutefois que Bangkok utilise ses propres canaux diplomatiques pour présenter sa position à la communauté internationale.
Par ailleurs, Sihasak Phuangketkeow a réagi aux informations selon lesquelles le Cambodge aurait sollicité auprès de la France des documents historiques et techniques relatifs à la frontière, via le président Emmanuel Macron. Il a confirmé que la Thaïlande avait elle aussi contacté Paris pour obtenir des précisions, rappelant que chaque État est en droit de demander de tels documents.
Un dossier désormais entre les mains du futur gouvernement
Enfin, le ministre par intérim a indiqué que le Premier ministre thaïlandais devrait prochainement convoquer une réunion du Conseil de sécurité nationale afin d’examiner la situation aux frontières avec le Cambodge et la Birmanie. Cette réunion est attendue dans un contexte de transition politique, alors que le pays attend toujours la formation d’un nouveau gouvernement après les élections.
Dans ce cadre, l’avenir du mémorandum de 2001, longtemps considéré comme un pilier fragile de la coopération maritime entre Bangkok et Phnom Penh, pourrait devenir l’un des premiers dossiers sensibles de la prochaine équipe gouvernementale.
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