
Le scénario d’un apaisement rapide des tensions au Moyen-Orient s’éloigne, et avec lui l’espoir d’un répit pour les devises asiatiques. Selon les dernières analyses de marché, l’enlisement du conflit avec l’Iran pourrait prolonger les turbulences jusqu’au deuxième trimestre, exposant davantage les monnaies de la région.
Depuis plusieurs semaines, les marchés tablaient sur une résolution rapide du conflit
Mais à l’approche de la fin d’une quatrième semaine de tensions et alors que les négociations se poursuivent, l’hypothèse d’un prolongement gagne en crédibilité. Certes, un accord de dernière minute reste possible, notamment autour du plan en 15 points avancé par Washington. Mais les dégâts déjà causés sur les infrastructures énergétiques laissent entrevoir des répercussions durables, en particulier pour les économies asiatiques fortement dépendantes des importations d’énergie.
Dans ce contexte, les devises régionales apparaissent vulnérables
Les analystes évoquent un risque de dépréciation supplémentaire de 3 à 5 % si les perturbations se prolongent au deuxième trimestre. Parmi les monnaies les plus exposées figurent la roupie indienne, le peso philippin et le baht thaïlandais, directement sensibles à la hausse des coûts énergétiques et aux sorties de capitaux. Le won sud-coréen et le dollar taïwanais pourraient également subir des pressions, bien que dans une moindre mesure.
Face à ces tensions, les banques centrales pourraient être contraintes d’adopter une posture plus défensive, quitte à relever leurs taux pour soutenir leur devise, au risque de freiner la croissance. Dans le même temps, les États devront absorber un coût budgétaire croissant lié aux subventions énergétiques et aux mesures de soutien.
Le yuan chinois fait figure d’exception relative. Jusqu’ici plus stable, il reste étroitement surveillé par la banque centrale chinoise, attentive à son niveau effectif réel afin d’éviter une appréciation excessive qui pénaliserait les exportations.
En filigrane, c’est toute la résilience macroéconomique de l’Asie qui se trouve testée. Et à mesure que le conflit s’étire, les marges de manœuvre monétaires et budgétaires se réduisent, laissant planer une incertitude croissante sur les marchés régionaux.
Gaston Baht
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