
La Chine se prépare à encaisser les effets économiques du choc énergétique provoqué par les tensions au Moyen-Orient. En tant que grand importateur d’énergie, le pays devra faire face à une hausse du coût de ses importations de pétrole, de gaz naturel liquéfié et de produits pétrochimiques, pesant sur sa croissance.
La hausse des prix de l’énergie devrait renchérir les importations du pays, pesant à la fois sur la consommation et sur les investissements. Toutefois, les perspectives restent relativement solides : la croissance chinoise pourrait se maintenir autour de 4,5 % en 2026 et 2027, soutenue par la résilience des exportations et l’action des autorités.
Une sécurité énergétique sous contrôle
Malgré ces tensions, la Chine apparaît bien armée à court terme. Le pays dispose d’importantes réserves stratégiques de pétrole, de sources d’approvisionnement en gaz diversifiées — notamment via la Russie et l’Asie centrale — et d’un mix énergétique encore largement dominé par le charbon.
Cette configuration permet de limiter les risques de rupture d’approvisionnement, même en cas de perturbations prolongées. Certains secteurs, comme celui des engrais dépendant du soufre importé, pourraient être affectés, mais les stocks existants et les capacités domestiques devraient atténuer les effets.
Les exportations en première ligne
Face à la hausse des coûts énergétiques, Pékin mise sur la solidité de ses exportations pour amortir le choc. Les chaînes d’approvisionnement restent robustes, et la demande mondiale pour certains secteurs clés — semi-conducteurs, équipements liés à la transition énergétique ou véhicules électriques — soutient l’activité.
Cette dynamique pourrait non seulement compenser en partie l’impact sur la balance courante, mais aussi maintenir l’investissement industriel. Le principal risque reste celui d’un ralentissement prolongé de la demande mondiale si le conflit devait s’inscrire dans la durée.
Une inflation contenue, des marges de manœuvre intactes
Contrairement à d’autres économies, la Chine semble mieux placée pour contenir les pressions inflationnistes. Les mécanismes de régulation des prix des carburants limitent la transmission de la hausse du pétrole aux consommateurs.
Après une inflation quasi nulle en 2025, liée à une demande intérieure faible et à des surcapacités industrielles, les prix devraient remonter modérément à 1 % en 2026. Un niveau qui reste inférieur à l’objectif de la banque centrale, laissant ainsi une marge de manœuvre pour soutenir l’économie.
Pékin prêt à agir
Les autorités chinoises disposent encore de plusieurs leviers pour accompagner la croissance. Des mesures budgétaires pourraient être mobilisées pour stimuler la demande intérieure, tandis qu’un assouplissement monétaire reste envisageable.
Dans un contexte incertain, notamment en cas d’aggravation du conflit, Pékin pourrait ainsi intensifier son soutien afin d’éviter un ralentissement trop marqué, en particulier au début de son nouveau cycle de planification économique.
Dans l’immédiat, la capacité de la Chine à maintenir sa trajectoire dépendra largement de la résistance de ses exportations et de la réactivité de ses politiques économiques.
Gaston Baht
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