
Une enquête d’Amnesty International met en lumière les liens étroits entre plusieurs casinos autorisés au Cambodge et des centres d’arnaques impliqués dans des violations graves des droits de l’homme.
Selon l’ONG, une douzaine de casinos sont directement liés à des sites où ont été documentés torture, travail forcé, traite d’êtres humains et exploitation d’enfants.
Des licences accordées malgré les alertes
L’analyse des documents officiels de la Commission de gestion des jeux commerciaux (CGMC) montre que les exploitants de casinos contrôlent des bâtiments où ces abus ont eu lieu. Plusieurs projets ont été validés fin 2025 et début 2026, en pleine campagne officielle de lutte contre ces centres d’arnaques.
Parmi les groupes concernés figurent notamment les casinos Crown, liés à l’une des entreprises les plus influentes du pays.
Pour Amnesty International, la contradiction est manifeste. « Cette recherche établit un lien clair entre les casinos licenciés du Cambodge et ses centres d’arnaques », souligne Montse Ferrer, responsable régionale d’Amnesty International. « À un moment où le gouvernement affirme démanteler cette industrie, les preuves montrent qu’il reconnaît simultanément des projets liés à ces pratiques. »
Des témoignages de survivants glaçants
Les récits recueillis décrivent un système de détention et d’exploitation au cœur même de complexes de casinos. Des victimes affirment avoir été retenues pendant des mois, soumises à des violences et contraintes de participer à des escroqueries.
« Les gardes entraient dans la pièce et utilisaient des matraques électriques… les enfants dans la pièce pleuraient », témoigne une survivante.
Dans plusieurs cas, les victimes ont pu identifier précisément les bâtiments où elles étaient détenues, confirmant leur présence à l’intérieur des complexes officiellement reconnus.
Un système structuré
L’enquête met en évidence un phénomène organisé. Plusieurs établissements — dont le New Venetian, le Golden Sea ou encore le Majestic Hotel & Casino — sont associés à des centres d’arnaques déjà documentés.
« L’ampleur et la nature industrialisée des abus montrent clairement qu’il s’agit d’un secteur à haut risque », insiste Montse Ferrer.
Des responsabilités en question
Face à ces révélations, Amnesty appelle les autorités cambodgiennes à suspendre les licences concernées et à ouvrir des enquêtes indépendantes.
« Chaque jour où ces casinos restent sous licence est un jour de plus où des personnes sont exposées à des violations des droits humains », avertit l’organisation.
Un phénomène déjà documenté
Un rapport publié en juin 2025 avait déjà identifié plus de 50 centres d’arnaques dans le pays, dont près de la moitié liés à des casinos. Malgré l’annonce d’une répression nationale, Amnesty estime que ces pratiques perdurent, pointant une inaction — voire une tolérance — des autorités.
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