
Le groupe agroalimentaire vietnamien Hoang Anh Gia Lai a annoncé un investissement de 50 millions de dollars dans un ambitieux projet de plantation et de transformation de café dans la province de Champasak, au sud du Laos. Signé le 10 mai à Pakse lors d’un forum consacré à l’investissement, l’accord confirme l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour le plateau des Bolovens, cœur historique de la production caféière laotienne.
Le projet couvrira près de 5 000 hectares dans cette région réputée pour ses sols volcaniques fertiles et son climat particulièrement favorable à la culture du café de qualité. L’entreprise vietnamienne prévoit d’y développer à la fois des plantations haut de gamme et des infrastructures de transformation destinées à produire des grains répondant aux standards des marchés internationaux.
Pour les autorités laotiennes, cet investissement représente une nouvelle étape dans la modernisation de la filière café, l’un des principaux secteurs agricoles d’exportation du pays. Hoang Anh Gia Lai affirme vouloir introduire des techniques agricoles modernes tout en renforçant la transformation à forte valeur ajoutée, encore limitée au Laos.
Les autorités provinciales de Champasak espèrent également des retombées importantes en matière d’emploi et de développement rural. Le projet devrait stimuler l’économie locale, notamment dans les communautés vivant de la culture et de la transformation du café.
Lors du Festival du café 2026 organisé à Vientiane, des responsables du ministère laotien de l’Industrie et du Commerce ont rappelé que le café générait plus de 200 millions de dollars de revenus annuels pour le pays et faisait vivre environ 25 000 ménages.
Si le plateau des Bolovens demeure la principale région productrice du Laos, la culture du café s’étend progressivement vers les provinces septentrionales de Phongsaly, Houaphanh et Xieng Khouang, dans le cadre d’une stratégie nationale de diversification agricole.
Hoang Anh Gia Lai entend par ailleurs poursuivre son expansion régionale. Le groupe prévoit d’étendre ses plantations à plus de 20 000 hectares répartis entre le Laos, le Cambodge et le Vietnam.
Le Laos mise aussi sur le café « vert »
Cet investissement intervient alors que le Laos cherche à renforcer la compétitivité de son café sur les marchés internationaux en améliorant ses standards de qualité et ses performances environnementales.
Dans cette optique, le pays explore actuellement les technologies de torréfaction à l’hydrogène. Une usine pilote est en cours de développement dans la province de Champasak grâce à une coopération entre partenaires laotiens et japonais.
Contrairement aux procédés traditionnels, cette technologie ne rejette que de l’eau comme sous-produit. Ses promoteurs estiment également qu’elle permettrait d’améliorer la stabilité des arômes ainsi que la durée de conservation du café.
Les autorités espèrent ainsi répondre aux exigences environnementales croissantes des grands marchés importateurs, notamment le Japon, l’Europe et l’Amérique du Nord, où les critères de durabilité occupent une place de plus en plus déterminante.
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