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LAOS – INFRASTRUCTURES : Les barrages hydroélectriques sous haute surveillance avant la mousson

Date de publication : 06/06/2026
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À l’approche de la saison des pluies 2026, les autorités laotiennes renforcent la surveillance des barrages hydroélectriques du pays. Le ministère de l’Industrie et du Commerce (MOIC) a ordonné à l’ensemble des exploitants de revoir leurs dispositifs de sécurité et leurs plans d’urgence afin de limiter les risques d’inondation et de garantir la sécurité des populations riveraines.

 

Cette décision intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de la gestion des infrastructures hydroélectriques. En septembre 2025, des habitants de la province de Vientiane et de la capitale avaient attribué des inondations aux lâchers d’eau effectués par le barrage de Nam Ngum 1. L’exploitant EDL-Gen avait alors rejeté ces accusations, affirmant avoir respecté les procédures approuvées par le gouvernement et contribué à réduire les risques de crue.

 

Le Laos, qui ambitionne depuis plusieurs années de devenir la « batterie de l’Asie du Sud-Est », s’appuie fortement sur l’hydroélectricité pour soutenir sa croissance économique et exporter de l’électricité vers ses voisins, notamment la Thaïlande, le Vietnam et la Chine. Cette stratégie a conduit à la multiplication des barrages sur les cours d’eau du pays, faisant de leur sécurité un enjeu national majeur.

 

La question demeure particulièrement sensible depuis l’effondrement, le 23 juillet 2018, d’un barrage auxiliaire du complexe hydroélectrique Xe Pian-Xe Namnoy, dans le sud du pays. La rupture de l’ouvrage avait libéré des millions de mètres cubes d’eau, provoquant la mort d’au moins 71 personnes, déplaçant des milliers d’habitants et détruisant habitations, cultures et élevages. Les inondations avaient également touché certaines zones du nord du Cambodge.

 

Pendant plusieurs années, les victimes et plusieurs organisations internationales ont dénoncé l’absence de responsabilités clairement établies dans cette catastrophe. Les survivants ont finalement obtenu plus de 55 millions de dollars d’indemnisation pour les pertes humaines et matérielles, auxquels se sont ajoutés des programmes de relogement, la construction de centaines de logements ainsi que des aides destinées à la reconstruction des moyens de subsistance. Plusieurs observateurs estiment toutefois que les conséquences économiques et sociales du drame continuent de peser sur les communautés affectées.

 

Dans une directive publiée le 15 mai, le ministère demande aux exploitants d’inspecter l’ensemble de leurs installations avant le début de la mousson. Les contrôles doivent porter sur les ouvrages, les vannes de déversoir, les systèmes électriques, les alimentations de secours et les équipements destinés à faire face aux situations d’urgence.

 

Les autorités exigent également la mise à jour des plans d’intervention d’urgence, l’organisation d’exercices avec les communautés locales ainsi que le renforcement des systèmes d’alerte. L’objectif est de garantir que les villages situés en amont et en aval des barrages soient informés et préparés en cas de crue.

 

La directive prévoit en outre une gestion plus stricte des réservoirs avant l’arrivée des fortes pluies. Les exploitants devront maintenir des niveaux d’eau suffisamment bas pour absorber les précipitations attendues et mettre en place des équipes chargées de surveiller en permanence les conditions météorologiques et hydrologiques.

 

Avant toute ouverture de vanne de déversoir, les sociétés exploitantes devront obtenir une autorisation écrite du ministère de l’Énergie au moins sept jours à l’avance et coordonner leurs actions avec les autorités chargées de la gestion des catastrophes afin d’avertir les populations concernées.

 

En cas d’urgence, les exploitants devront déclencher immédiatement leurs plans d’intervention et informer sans délai les autorités. Ils sont également tenus de transmettre quotidiennement les données relatives aux niveaux d’eau et de fournir des rapports horaires lorsque les conditions de crue l’exigent.

 

À l’approche de la mousson, le gouvernement laotien cherche ainsi à renforcer la confiance du public dans un secteur stratégique pour l’économie nationale, mais régulièrement confronté aux inquiétudes des populations vivant à proximité des grands barrages.

 

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