
La semaine dernière, les professionnels du tourisme thaïlandais accueillaient avec satisfaction les résultats du mois de mai, meilleurs qu’attendu. Mais ils soulignaient également que les chiffres de juin seraient déterminants pour savoir si cette amélioration marquait le début d’une reprise durable ou un simple rebond ponctuel.
Les premières données publiées par le ministère du Tourisme et des Sports semblent aujourd’hui donner raison aux plus prudents.
Entre le 1er et le 7 juin, la Thaïlande a accueilli 483 329 visiteurs étrangers, soit une baisse de 19,9 % par rapport à la semaine précédente et un recul de 14,8 % sur un an. Depuis le début de l’année, le royaume totalise néanmoins près de 14,5 millions d’arrivées internationales.
Un ralentissement observé sur la plupart des marchés
Les statistiques de la première semaine de juin montrent un affaiblissement relativement généralisé de la demande.
La Malaisie reste le premier marché émetteur avec 101 213 visiteurs, mais ce chiffre recule fortement par rapport à la semaine précédente. Les analystes expliquent toutefois cette baisse par un effet de calendrier, après les déplacements liés au pèlerinage du Hajj observés fin mai.
Le marché chinois, particulièrement surveillé par les professionnels du secteur, a enregistré 68 402 arrivées sur la période, en baisse de 15,6 % par rapport à la semaine précédente. Sur un an, la progression reste positive (+6,6 %), mais plusieurs indicateurs suggèrent une reprise moins dynamique qu’espéré.
Le nombre moyen de vols quotidiens en provenance de Chine a diminué au début du mois de juin et le taux moyen de remplissage des appareils n’a atteint que 55,3 %, un niveau qui témoigne d’une demande encore fragile.
L’Inde a enregistré 47 216 visiteurs (-10,5 % sur une semaine), tandis que la Russie est restée relativement stable avec près de 18 000 arrivées.
L’Europe, le Moyen-Orient et l’ASEAN également en retrait
Le ralentissement ne concerne pas uniquement la Chine. Les arrivées en provenance d’Europe, hors Russie, ont reculé de 8,6 % sur une semaine. Les marchés du Moyen-Orient affichent une baisse de 22,6 %, tandis que les autres pays de l’ASEAN, hors Malaisie, enregistrent un recul de 8,1 %.
Cette évolution conforte les observations formulées par plusieurs analystes ces dernières semaines : le rebond observé en mai reposait largement sur les marchés chinois et régionaux, tandis que de nombreux marchés long-courriers demeuraient fragiles.
Un mois de mai supérieur aux attentes
Ce ralentissement intervient pourtant après un mois de mai particulièrement encourageant. La Thaïlande a accueilli 2,34 millions de visiteurs internationaux, soit une hausse de 3,5 % sur un an et un résultat supérieur aux prévisions de plusieurs cabinets d’analyse.
La Malaisie avait alors constitué la principale surprise positive avec près de 470 000 visiteurs, tandis que la Chine avait enregistré plus de 411 000 arrivées, en progression de 32,5 % sur un an.
Ces résultats avaient permis au secteur de retrouver un certain optimisme après un mois d’avril plus difficile.
Les inquiétudes exprimées par le secteur restent d’actualité
Les professionnels du tourisme restent néanmoins prudents. Dans notre précédente analyse, plusieurs observateurs soulignaient déjà que la progression des arrivées reposait principalement sur quelques marchés clés et que les tensions géopolitiques, la hausse potentielle du coût du transport aérien et le ralentissement économique mondial pouvaient peser sur la demande au cours des prochains mois.
Les chiffres de début juin ne remettent pas en cause la reprise observée depuis le début de l’année, mais ils montrent que celle-ci demeure fragile.
Une basse saison qui s’installe
Les analystes anticipent désormais environ 2,15 millions de visiteurs étrangers pour l’ensemble du mois de juin, soit une baisse de 8,4 % par rapport à mai et de 7,4 % sur un an. Ils prévoient également environ 300 000 visiteurs chinois sur le mois, un chiffre inférieur à celui enregistré en mai.
Au-delà de la Chine, les données montrent des signes de faiblesse sur plusieurs marchés, notamment en Europe, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et dans plusieurs pays voisins de l’ASEAN. Cette évolution reflète l’entrée dans la basse saison touristique, mais aussi un environnement économique et géopolitique qui demeure incertain.
Juin reste le véritable test
Une seule semaine ne suffit pas à dessiner une tendance définitive. Toutefois, les premiers chiffres de juin confirment que les interrogations exprimées par les professionnels du secteur restent pleinement d’actualité. La question n’est plus seulement de savoir si la Thaïlande continue d’attirer des visiteurs. Avec 14,5 millions d’arrivées depuis le début de l’année, le royaume demeure l’une des principales destinations touristiques d’Asie.
L’enjeu est désormais de savoir si le pays peut maintenir sa dynamique pendant la basse saison et réduire sa dépendance à quelques grands marchés émetteurs, notamment la Chine.
Les chiffres des prochaines semaines seront donc particulièrement scrutés par les hôteliers, restaurateurs, compagnies aériennes, agences de voyages et investisseurs. Ils permettront de déterminer si le rebond observé en mai constitue le début d’une reprise durable ou simplement une parenthèse favorable dans un environnement encore fragile.
Gaston Baht
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