
La justice cambodgienne a condamné un enseignant américain à dix ans de prison pour exploitation sexuelle de mineurs, près d’un an après le démantèlement d’un réseau qui ciblait des adolescents vivant dans les rues de Phnom Penh.
Le tribunal municipal de Phnom Penh a rendu son verdict le 25 juin. William Chandler White, 27 ans, ancien enseignant dans une école privée de la capitale, a été reconnu coupable de recours à la prostitution de mineurs. À l’issue de sa peine, il sera expulsé du Cambodge et interdit de retour sur le territoire.
Son complice cambodgien, âgé de 22 ans, a été condamné à douze ans de prison pour son rôle dans le recrutement de mineurs destinés à l’exploitation sexuelle ainsi que pour production et diffusion de contenus pédopornographiques.
Une enquête internationale
Les deux hommes avaient été arrêtés à Phnom Penh en août 2024. Face à la gravité des faits, le commissaire général de la police cambodgienne avait autorisé, en mai 2025, la création d’une cellule d’enquête conjointe réunissant la police nationale, les enquêteurs américains du Homeland Security Investigations (HSI) et la Child Protection Unit (CPU).
Pendant plusieurs mois, les enquêteurs ont exploité des preuves numériques, recueilli de nombreux témoignages et identifié les victimes afin de constituer un dossier solide présenté devant la justice. L’enquête a également permis de mettre à l’abri plusieurs mineurs particulièrement vulnérables.
Plus de vingt victimes identifiées
Au cours du procès, les deux accusés ont reconnu les faits. Selon les éléments retenus par le tribunal, le complice cambodgien recrutait des adolescents âgés de 14 à 18 ans, vivant dans les rues de Phnom Penh, avant de les mettre en relation avec l’enseignant américain. Les enquêteurs estiment qu’au moins vingt mineurs ont été victimes de ce réseau d’exploitation.
L’Américain a reconnu avoir sélectionné ses victimes à partir de photographies transmises via l’application Telegram avant de les rémunérer pour obtenir des relations sexuelles.
Un signal fort
Cette affaire avait suscité une vive émotion au Cambodge en raison du nombre de victimes présumées et du profil du principal accusé, employé d’un établissement scolaire privé.
Le jugement marque l’aboutissement d’une enquête internationale particulièrement complexe et illustre le renforcement de la coopération entre les autorités cambodgiennes et leurs partenaires étrangers dans la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs. Les autorités espèrent que cette condamnation enverra un message clair aux auteurs de ce type de crimes : qu’ils soient étrangers ou cambodgiens, ils feront désormais l’objet d’enquêtes approfondies et de poursuites judiciaires.
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