
Moins de deux semaines après avoir échappé à la prison, l’opposant cambodgien Rong Chhun poursuit son combat judiciaire. Le 1er juillet, il a demandé au ministère de la Justice de réexaminer la décision de la Cour suprême qui le prive de ses droits politiques pendant cinq ans.
Conseiller du Parti de la puissance nationale (Nation Power Party), l’une des principales formations d’opposition, Rong Chhun demande la réouverture de son dossier. Il estime que les restrictions qui lui sont imposées sont contraires à la Constitution cambodgienne.
Une condamnation toujours contestée
Le 19 juin, la Cour suprême avait réduit sa peine de quatre à trois ans de prison avec sursis, lui évitant ainsi l’incarcération. En revanche, elle avait maintenu une interdiction de voter, de se présenter à une élection et d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.
Rong Chhun affirme que cette décision repose sur des faits insuffisamment établis. Si le ministère de la Justice rejette sa demande, il envisage de saisir le roi Norodom Sihamoni, en sa qualité de président du Conseil suprême de la magistrature, puis le Conseil constitutionnel.
Un opposant sous pression
Rong Chhun avait été poursuivi pour « incitation à troubler l’ordre public » après avoir rencontré des habitants affectés par des projets d’aménagement et évoqué publiquement des questions liées à la frontière entre le Cambodge et le Vietnam.
L’opposant estime que cette condamnation vise à l’écarter des élections locales de 2027 et des élections législatives de 2028. Une analyse partagée par plusieurs organisations internationales de défense des droits humains, qui dénoncent régulièrement les restrictions imposées à l’opposition cambodgienne.
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