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THAÏLANDE – HISTOIRE : La baisse des eaux révèle une nécropole vieille de 2 400 ans dans le nord-est du pays

Date de publication : 11/07/2026
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Le recul des eaux du barrage de Mun Bon, dans la province de Nakhon Ratchasima, a permis aux archéologues de mettre au jour un important site funéraire datant de l’âge du fer. Cette découverte pourrait enrichir les connaissances sur les premières communautés établies dans le bassin de la rivière Mun, l’un des grands axes de peuplement de l’Isan.

 

Lorsque les eaux se retirent, l’histoire refait parfois surface. C’est ce qui s’est produit au barrage de Mun Bon, dans le nord-est de la Thaïlande, où la baisse du niveau de l’eau et l’érosion des berges ont révélé les vestiges d’une ancienne nécropole préhistorique, longtemps restée engloutie.

 

Alertés par cette découverte, les archéologues du Département thaïlandais des Beaux-Arts se sont rendus sur place le 9 juillet afin d’évaluer l’importance du site, baptisé Non Ko Chot. Les premières investigations ont confirmé la présence d’un vaste ensemble funéraire datant de l’âge du fer, utilisé il y a environ 2 400 à 1 400 ans.

 

Une communauté oubliée

 

Les fouilles ont mis au jour plusieurs sépultures accompagnées de nombreuses offrandes funéraires : poteries, outils en fer, haches en pierre polie, perles de verre, fusaïoles en argile utilisées pour le filage des fibres textiles, ainsi que des restes humains dispersés par l’érosion.

 

Ces objets offrent un précieux témoignage sur les croyances, les techniques artisanales et les échanges commerciaux des communautés qui occupaient alors cette région du plateau de Khorat.

 

Une poterie exceptionnelle

 

Parmi les découvertes figure une poterie noire de Phimai, remarquablement conservée. Les spécialistes la considèrent comme le plus bel exemplaire jamais retrouvé dans le sud de la province de Nakhon Ratchasima.

 

Ce type de céramique, caractérisé par sa surface noire polie et son rebord évasé, a été identifié pour la première fois dans les années 1960 près du célèbre site historique de Phimai, l’un des plus importants ensembles archéologiques de Thaïlande. Il constitue aujourd’hui un marqueur essentiel de la culture de l’âge du fer dans le nord-est du pays.

 

Une découverte qui éclaire les origines de l’Isan

 

Au-delà des objets retrouvés, c’est surtout la localisation du site qui retient l’attention des chercheurs.

 

Jusqu’à présent, les principales traces d’occupation humaine de cette période étaient connues plus en aval de la rivière Mun. Cette découverte suggère que des communautés s’étaient également installées près de son cours supérieur, bien plus tôt qu’on ne le pensait.

 

Pour les archéologues, il ne s’agit pas d’une simple fouille supplémentaire. Le site de Non Ko Chot enrichit la connaissance des premiers peuplements du plateau de Khorat et confirme que les sources de la rivière Mun constituaient déjà un espace de vie important à l’âge du fer.

 

Une rivière au cœur de l’histoire du nord-est thaïlandais

 

La rivière Mun, principal affluent du Mékong en Thaïlande, irrigue depuis des millénaires une grande partie de l’Isan. Les chercheurs estiment qu’elle a joué un rôle majeur dans l’implantation des premières communautés humaines, favorisant les échanges, l’agriculture et les déplacements bien avant les grands royaumes historiques.

 

Les investigations devraient se poursuivre si le niveau du barrage continue de baisser. D’autres vestiges pourraient encore émerger, permettant de mieux comprendre les origines des populations qui vivaient le long de ce cours d’eau devenu, au fil des siècles, l’un des piliers du développement du nord-est thaïlandais.

 

Au-delà de son intérêt archéologique, cette découverte rappelle que la Thaïlande recèle encore de nombreux sites préhistoriques largement méconnus. Parfois, il suffit simplement que les eaux se retirent pour que resurgissent des pans entiers d’une histoire oubliée depuis plus de deux millénaires.

 

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