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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, autopsie d’un incendie

Date de publication : 28/07/2026
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Chaque semaine, Richard Werly, conseiller éditorial de Gavroche et correspondant international reconnu, livre son regard sur la France dans les colonnes du média suisse Blick.

 

Nous vous proposons ci-dessous son dernier éditorial. Pour découvrir l’intégralité de sa newsletter, Republick, cliquez ici.

 

Je le répète, parce que cela fait du bien en ces temps de fractures et de colères : les Français, face aux incendies, font preuve depuis plusieurs jours d’une discipline et d’un civisme trop vite oubliés par ceux qui les observent. Les ordres d’évacuation sont respectés. La solidarité est au rendez-vous dans les bâtiments publics transformés en centres d’accueil. La volonté d’aider sur le front du feu, illustrée par les tracteurs des paysans avec leurs citernes, est également de mise.

 

Rajoutez à ce tableau le dévouement des pompiers, venus de l’ensemble du pays pour secourir leurs collègues de Nouvelle-Aquitaine, et la perspective d’un « sursaut » tricolore redevient d’actualité. Le leitmotiv est connu. « Les exigences d’un grand peuple sont à l’échelle de ses malheurs », écrivait le général de Gaulle, dont je viens de terminer le second tome de la biographie signée Jean-Luc Barré (Le Premier des Français, Ed. Grasset). Alors, parions sur la France qui fait face…

 

Moins concluant, en revanche, risque d’être l’audit de ces incendies en Gironde. Comment justifier les évacuations massives ? N’a-t-on pas, ces dernières années, déshabillé la sécurité civile au profit des armées, laissant s’étioler le parc d’avions anti-incendie? Pourquoi ne pas avoir davantage investi dans le programme européen Frégate-F100, concepteur d’un avion amphibie bombardier d’eau de nouvelle génération, concurrent du Canadair ? Pourtant soutenu par le gouvernement français, la Commission européenne, la région Sud et plusieurs collectivités, ce projet manque encore de commandes. Est-ce à dire qu’incendies et catastrophes climatiques riment avec lobbies ?

 

L’autopsie de la tragédie survenue en Gironde sera riche d’enseignements. De l’exploitation des forêts aux permis de construire, tout doit être revu et passé au scanner, au vu des risques croissants de feux. Une catastrophe n’est surmontée que lorsque ses causes sont élucidées, disséquées et traitées. A quand un rapport d’enquête aussi impartial qu’implacable ? La présidence d’Emmanuel Macron en sortirait grandie.

 

Bonne lecture, à l’écoute d’un autre incendie !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Nous respirons ! Cette semaine, le « Français » est affublé des qualités majeures. Il est porté aux nues. Le « Général » s’est substitué à « Pigasse ». Un « grand peuple », les « Français », citant De Gaulle qui se référait à une époque passée à laquelle notre éditorialiste semble vouloir se référer, se serait hissé au sommet des exigences que les malheurs ont fait surgir. À moins qu’il ne faille comprendre que la situation française actuelle, en ces temps pré-électoraux, requiert, comme naguère, un « grand Homme ». Le fantôme du « Général » ressort fatalement du décor. De Gaulle versus Pigasse… Le fantôme guidant le peuple…

    En face de ce « peuple » auréolé par les flammes, la critique des politiques successives, responsables de l’incapacité à prévoir (« Gouverner, c’est prévoir »), est vaguement pointée par notre éditorialiste. Le Général, lui… mais E. Macron ? À quand un « Général », un « homme providentiel » ? Hegel affirmait que si un peuple a besoin de héros, c’est qu’il est dans une impasse et ne dispose pas de la cohésion lui permettant d’affronter le réel. D’où l’attente, comme Bernadette, de l’apparition sortant de la grotte. Que peut espérer un peuple désireux de se soumettre à une telle idolâtrie ?

    Une catastrophe peut-elle être élucidée et prévenue en en connaissant les causes, qu’un énième rapport d’enquête expliciterait et que l’on s’empresserait aussitôt de ranger dans un tiroir ? La question ne se situe-t-elle pas plutôt dans l’absence de dirigeants politiques responsables, ayant le souci de l’intérêt général, à commencer par le fonctionnement des services publics : la sécurité physique, dans toutes ses dimensions, pour commencer, l’école, la santé, parmi tant d’autres.

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