London Escorts sunderland escorts
Home Asie Asean BALI – SOCIÉTÉ : Une course entre expatriés relance le débat sur la place des étrangers

BALI – SOCIÉTÉ : Une course entre expatriés relance le débat sur la place des étrangers

Date de publication : 29/07/2026
0

 

Ce qui devait être un événement mêlant sport et musique s’est transformé en affaire nationale à Bali. Accusé d’avoir écarté des participants indonésiens, un collectif très populaire auprès des expatriés a provoqué une vive polémique. Si les organisateurs contestent toute discrimination et invoquent une erreur technique, les autorités ont décidé d’interdire de retour dans l’archipel les deux fondateurs néerlandais du groupe.

 

Le rendez-vous avait tout d’un événement festif. Le 22 juillet, à 5h30 du matin, près de 200 personnes ont participé, selon la police, à une « Silent Disco Run » organisée dans le quartier de Canggu. Casques audio sur les oreilles, les participants traversaient les rues de Canggu derrière un camion transformé en scène mobile, avec DJ et maître de cérémonie. Plus qu’une course, les images diffusées par les organisateurs montrent un événement festif mêlant running, musique électronique et vie communautaire.

 

Mais, quelques heures plus tard, l’ambiance a changé.

 

Des habitants ont affirmé sur les réseaux sociaux que des Indonésiens avaient été empêchés de s’inscrire, tandis que des étrangers étaient acceptés. Des captures d’écran montrant le fonctionnement de la plateforme d’inscription ont rapidement circulé, alimentant les accusations de discrimination. À ce stade, ces allégations n’ont toutefois pas été confirmées par une enquête indépendante.

 

Entourage Bali reconnaît des erreurs

 

Face à la polémique, le collectif Entourage Bali a publié un long message d’excuses.

 

Les organisateurs affirment n’avoir « jamais eu l’intention de manquer de respect ou de discriminer qui que ce soit ». Ils expliquent que leur communauté a été créée pour aider les digital nomads nouvellement installés à Bali à rencontrer d’autres personnes, tout en soulignant que ce statut n’est, selon eux, « pas défini par la nationalité ».

 

Concernant la course du 22 juillet, ils précisent qu’il s’agissait d’un événement payant, organisé avec un nombre limité de casques audio, contrairement à leurs courses habituelles ouvertes à tous.

 

Ils reconnaissent en revanche une erreur dans leur système automatisé de validation des inscriptions. Selon leur version, ce dysfonctionnement a conduit au rejet de certains numéros de téléphone indonésiens (+62), sans que cela corresponde à une volonté d’exclure les participants concernés.

 

Entourage Bali affirme que les Indonésiens représentaient le premier groupe de participants à la course (23,4 % des inscrits), selon ses propres données internes. Ces chiffres n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

 

Pour étayer leur défense, Entourage Bali a également publié des statistiques internes selon lesquelles les Indonésiens — Balinais compris — représentaient le premier groupe de participants, avec 23,4 % des inscrits. Ces données n’ont toutefois pas été vérifiées de manière indépendante.

 

Le collectif a annoncé la suspension de l’ensemble de ses activités le temps de revoir ses procédures.

 

Les autorités privilégient la fermeté

 

Les explications n’ont pas convaincu les autorités indonésiennes. Le directeur général de l’immigration, Hendarsam Marantoko, a indiqué que les deux fondateurs néerlandais avaient déjà quitté le territoire lorsque les services de l’immigration ont examiné le dossier. Ils ont depuis été inscrits sur la liste des personnes interdites de retour en Indonésie.

 

Selon les autorités, cette décision est motivée par de possibles manquements aux règles encadrant l’organisation d’événements par des ressortissants étrangers, mais aussi par les accusations de discrimination qui ont déclenché la polémique.

 

Le responsable de l’immigration a qualifié cette affaire de « forme d’État dans l’État », estimant qu’aucune communauté étrangère ne pouvait fonctionner en marge des règles applicables en Indonésie.

 

Au-delà de la course

 

L’affaire dépasse désormais largement le cadre d’un club de running. À Canggu, où se concentrent de nombreux expatriés et télétravailleurs internationaux (digital nomads), cafés, espaces de coworking et événements communautaires se sont multipliés ces dernières années. La polémique a ravivé une question sensible : comment développer des communautés internationales sans donner le sentiment de créer des espaces où les habitants locaux ne seraient plus pleinement à leur place ?

 

En quelques jours, une course à pied est ainsi devenue un sujet politique. Plus que les accusations visant Entourage Bali, c’est la réaction des autorités qui marque les esprits : en prononçant une interdiction de retour contre les deux fondateurs, Jakarta a voulu rappeler que les activités organisées par des ressortissants étrangers restent soumises au droit indonésien, même lorsqu’elles s’adressent avant tout à une communauté expatriée.

 

Rejoignez les plus de 13 000 lecteurs qui reçoivent chaque semaine Gavroche Hebdo. Pour ne rien manquer de l’actualité de la Thaïlande et de l’Asie du Sud-Est, inscrivez-vous en cliquant ici

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus