
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a contesté les déclarations de Tom Andrews sur les populations cambodgiennes déplacées par les combats frontaliers. Bangkok estime que le rapporteur spécial de l’ONU n’a pas suffisamment pris en compte la position thaïlandaise.
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a rejeté lundi l’évaluation présentée par Tom Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits humains au Cambodge.
À l’issue d’une mission dans le pays, l’expert onusien avait indiqué qu’environ 650 000 Cambodgiens avaient été déplacés par les affrontements frontaliers et que plus de 20 000 personnes restaient dans l’impossibilité de rentrer chez elles. Il avait notamment relayé des affirmations selon lesquelles certains villages se trouveraient sous le contrôle de troupes thaïlandaises.
Anutin Charnvirakul estime que Tom Andrews s’est exprimé sans entendre suffisamment la version de la Thaïlande. Il a annoncé une réponse formelle du ministère des Affaires étrangères.
Bangkok conteste le nombre de déplacés
Dans un communiqué publié le 1er août, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères remet en cause une partie des chiffres avancés par le rapporteur spécial.
Selon Bangkok, certaines personnes comptabilisées parmi les déplacés vivaient dans des secteurs que la Thaïlande avait ouverts à la fin des années 1970 pour accueillir temporairement des Cambodgiens. Le ministère affirme qu’une partie d’entre elles serait ensuite restée sur place malgré les protestations thaïlandaises.
La Thaïlande soutient donc qu’elles ne peuvent pas toutes être considérées comme des personnes déplacées à l’intérieur du Cambodge. Elle demande également que la question du droit au retour ne soit pas utilisée à des fins politiques.
La Thaïlande réclame une évaluation plus équilibrée
Le ministère réaffirme son attachement au droit international humanitaire et aux mécanismes des Nations unies. Il demande toutefois aux rapporteurs spéciaux de s’appuyer sur des sources vérifiables et de prendre en compte les positions de toutes les parties avant de publier leurs conclusions.
Bangkok affirme par ailleurs que les affrontements n’ont pas été déclenchés par la Thaïlande et accuse les forces cambodgiennes d’avoir visé des zones civiles thaïlandaises. Phnom Penh conteste cette version.
Désaccord persistant sur la frontière terrestre
Anutin Charnvirakul a également réagi au projet cambodgien de saisir les Nations unies au sujet du mémorandum signé en 2000 sur la délimitation terrestre, connu en Thaïlande sous le nom de MOU 43.
Ce texte encadre les négociations entre les deux pays sur leur frontière commune. La carte au 1:200 000, héritée de la période coloniale française, reste au cœur de plusieurs différends territoriaux.
Le Premier ministre a affirmé que la position thaïlandaise restait inchangée. Selon lui, Phnom Penh devra d’abord respecter les conditions prévues par le mémorandum avant toute reprise des discussions.
Les discussions maritimes sous un autre cadre
Anutin Charnvirakul a enfin évoqué le MOU de 2001 sur les revendications maritimes qui se chevauchent. Après la décision thaïlandaise d’y mettre fin en mai, le Cambodge a engagé une procédure de conciliation obligatoire au titre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Bangkok affirme désormais vouloir fonder toute discussion maritime sur cette convention, tout en privilégiant une négociation directe entre les deux pays.
Le Premier ministre a insisté sur le fait qu’aucun État ni organisme international ne pouvait contraindre la Thaïlande à négocier selon des conditions qu’elle n’accepte pas.
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