
Le Parlement thaïlandais ouvre ce 25 août sa deuxième session ordinaire annuelle. Jusqu’au 22 décembre, le gouvernement d’Anutin Charnvirakul devra affronter plusieurs dossiers sensibles : un décret autorisant jusqu’à 400 milliards de bahts d’emprunts, le budget 2027, la révision de la Constitution et la menace d’un débat de censure. Quatre mois qui permettront de mesurer la solidité politique de l’exécutif.
Les parlementaires thaïlandais retrouvent ce mardi 25 août le Sappaya-Sapasathan, l’imposant complexe parlementaire construit sur les rives du Chao Phraya, à Bangkok.
Cette deuxième session ordinaire, qui doit s’achever le 22 décembre, s’annonce particulièrement chargée. Pour le Premier ministre Anutin Charnvirakul, elle constituera surtout un test : son gouvernement devra faire adopter plusieurs textes importants tout en contenant les attaques de l’opposition.
Un emprunt de 400 milliards de bahts
Premier dossier : le décret autorisant le gouvernement à emprunter jusqu’à 400 milliards de bahts, soit environ 10,5 milliards d’euros. Adopté pour soutenir l’économie et répondre notamment aux conséquences de la crise énergétique, le dispositif doit désormais passer devant le Parlement.
Viendra ensuite le budget de l’exercice 2027, traditionnellement l’un des principaux rendez-vous politiques de l’année. Son examen permettra à l’opposition de contester directement les priorités économiques et budgétaires du gouvernement.
Le troisième chantier touche à un sujet autrement plus sensible : la révision de la Constitution. La question constitutionnelle traverse la vie politique thaïlandaise depuis plusieurs années et cristallise les divergences entre partis sur l’évolution des institutions.
Enfin, l’opposition dispose d’une arme plus directement politique : le débat de censure. Son éventuelle organisation permettra de tester à la fois la résistance du gouvernement et la cohésion de sa majorité parlementaire.
Deux affaires embarrassantes en arrière-plan
À ces batailles parlementaires s’ajoutent deux dossiers susceptibles d’alimenter les attaques contre l’exécutif.
Le premier concerne les soupçons de collusion dans le processus de sélection du Sénat. Le second porte sur des fraudes présumées lors de concours de recrutement dans les administrations locales.
Ces affaires ne figurent pas directement au programme législatif, mais elles pourraient peser sur les débats, d’autant qu’Anutin Charnvirakul cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre de l’Intérieur.
Comment fonctionne le Parlement thaïlandais ?
Cette rentrée permet aussi de revenir sur une institution dont le fonctionnement reste relativement méconnu des étrangers vivant en Thaïlande.
Depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, le pouvoir législatif thaïlandais s’exerce dans un système parlementaire qui a connu de nombreuses transformations au gré des Constitutions successives.
La Constitution de 2017 prévoit un Parlement bicaméral composé de la Chambre des représentants et du Sénat. Le président de la Chambre préside également le Parlement, tandis que le président du Sénat en assure la vice-présidence.
Le guide officiel du Parlement résume ses principales fonctions : examiner et voter les lois, adopter le budget, approuver certains décrets et examiner les modifications de la Constitution.
Une définition presque taillée sur mesure pour cette rentrée : emprunt, budget et révision constitutionnelle figurent précisément parmi les dossiers qui attendent les parlementaires.
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