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ASIE – FINANCE : Hong Kong-Singapour, la guerre des banquiers est déclarée

Date de publication : 25/08/2026
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Singapour - Hong Kong

 

Hong Kong et Singapour intensifient leur bataille pour attirer les stars de la gestion d’actifs. Fiscalité du carried interest, permis de travail et incitations aux fonds : les deux grandes places financières asiatiques rivalisent de mesures pour convaincre investisseurs et professionnels de choisir leur camp.

 

La concurrence entre Hong Kong et Singapour pour le titre de première place financière asiatique franchit une nouvelle étape. Après Hong Kong, Singapour vient d’annoncer une série de mesures fiscales et migratoires destinées à séduire les gestionnaires de fonds internationaux et les professionnels les mieux rémunérés du secteur.

 

L’enjeu est considérable. À elles deux, les deux places concentrent près de 10 000 milliards de dollars d’actifs sous gestion, selon les dernières données disponibles : environ 5 500 milliards à Singapour et 4 500 milliards à Hong Kong.

 

Au-delà des capitaux, la bataille porte désormais directement sur les talents capables de les gérer.

 

Hong Kong dégaine sur le carried interest

 

Hong Kong a pris l’initiative en présentant en juin un projet de loi visant notamment à élargir l’exonération fiscale applicable au carried interest.

 

Ce mécanisme permet aux gestionnaires de fonds de percevoir une part des gains réalisés par les investissements qu’ils supervisent. Dans le private equity ou les hedge funds, ces rémunérations peuvent atteindre des montants considérables. Leur traitement fiscal constitue donc un argument de poids pour attirer les professionnels les plus recherchés.

 

La réforme hongkongaise doit encore poursuivre son parcours législatif. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large destinée à conforter le territoire comme centre de gestion de fortune et d’actifs, face à la progression rapide de son rival singapourien.

 

Singapour contre-attaque

 

La réponse n’a pas tardé. Le 19 août, l’Autorité monétaire de Singapour (MAS) a dévoilé plusieurs mesures pour renforcer l’attractivité de la cité-État auprès des gestionnaires internationaux.

 

Singapour envisage notamment une exonération fiscale sur certains revenus liés aux performances des fonds. Le dispositif pourrait, sur certains aspects, se révéler plus large que celui envisagé à Hong Kong.

 

La cité-État veut également encourager les hedge funds à renforcer leur présence locale et faciliter l’accès au ONE Pass, son permis de travail destiné aux professionnels étrangers de haut niveau, pour certains dirigeants et spécialistes expérimentés de la gestion d’actifs.

 

L’objectif dépasse donc la seule fiscalité : Singapour cherche à convaincre les fonds d’y installer davantage de responsables, d’équipes et d’activités.

 

Deux géants pour près de 10 000 milliards de dollars

 

Cette surenchère illustre la transformation rapide de la gestion de fortune en Asie.

 

Singapour gère désormais près de 7 000 milliards de dollars singapouriens d’actifs, soit environ 5 500 milliards de dollars américains. Hong Kong affiche de son côté environ 35 100 milliards de dollars de Hong Kong, soit quelque 4 500 milliards de dollars américains.

 

Les deux centres bénéficient notamment de l’augmentation du nombre de grandes fortunes asiatiques, du développement des family offices et de la croissance des fonds d’investissement dans la région.

 

Mais leurs avantages diffèrent. Hong Kong conserve une position privilégiée pour accéder aux capitaux et aux marchés chinois. Singapour mise davantage sur sa stabilité, son environnement réglementaire et son rôle de plateforme financière pour l’Asie du Sud-Est.

 

Une rivalité qui profite aux financiers

 

Cette nouvelle bataille montre surtout que la compétition entre les deux villes ne porte plus seulement sur les entreprises ou les capitaux. Elle concerne désormais les femmes et les hommes qui décident où ces milliards seront investis.

 

Fiscalité plus avantageuse, conditions d’installation facilitées et environnement professionnel deviennent autant d’armes pour attirer une population très mobile de gestionnaires de fonds.

 

Entre Hong Kong et Singapour, la guerre financière asiatique se joue donc aussi sur un terrain très concret : celui des talents — et de leur feuille d’impôts.

 

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