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THAÏLANDE – DIPLOMATIE : Entre l’ex Royaume de Siam, Israël et la Palestine, où en sommes-nous ?

Date de publication : 25/08/2026
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La polémique suscitée par le refus de clients israéliens dans un parc de Koh Samui est une bonne occasion pour revenir sur la position diplomatique de la Thaïlande.

 

Avec qui le royaume a-t-il des relations diplomatiques ?

 

La Thaïlande reconnaît l’État d’Israël depuis 1954. Les deux pays ont célébré cette année 72 ans de relations diplomatiques et entretiennent des liens économiques et humains importants.

 

Bangkok reconnaît également l’État de Palestine depuis le 17 janvier 2012. Les relations diplomatiques ont été officiellement établies le 1er août de la même année. Depuis, la Thaïlande défend régulièrement la solution à deux États.

 

Depuis les attaques du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza, le royaume s’efforce de préserver cette ligne diplomatique tout en accordant une priorité particulière à la sécurité de ses ressortissants.

 

Peut-on parler d’équilibrisme ?

 

La formule résume assez bien la diplomatie thaïlandaise au Moyen-Orient : entretenir une coopération étroite avec Israël sans remettre en cause son soutien à un État palestinien.

 

Avec Israël, les liens sont d’abord humains. Environ 62 000 ressortissants thaïlandais vivent actuellement dans le pays, selon les chiffres communiqués par le ministère thaïlandais des Affaires étrangères. Beaucoup travaillent dans l’agriculture.

 

Dans l’autre sens, Israël constitue désormais un marché touristique important pour la Thaïlande : environ 410 000 Israéliens ont visité le royaume en 2025.

 

Les deux pays continuent par ailleurs de renforcer leurs coopérations dans plusieurs domaines, notamment l’agriculture, les sciences, les technologies et l’innovation.

 

Quel impact de la guerre à Gaza ?

 

Les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 ont directement touché la Thaïlande. Des dizaines de ressortissants thaïlandais ont été tués ou pris en otage en Israël, faisant de leur sécurité un enjeu majeur pour Bangkok.

 

La question reste d’actualité. En juillet 2026, un conseiller du ministre thaïlandais des Affaires étrangères s’est rendu en Israël pour rencontrer des travailleurs thaïlandais et examiner notamment les dispositifs d’évacuation prévus en cas d’urgence.

 

Va-t-on vers un changement de posture ?

 

Pour l’heure, non. La guerre n’a pas provoqué de rupture entre Bangkok et Israël.

 

En février 2026, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a rappelé à son homologue israélien Gideon Sa’ar qu’Israël demeurait « un partenaire important de la Thaïlande au Moyen-Orient ».

 

Les deux gouvernements veulent notamment approfondir leurs coopérations dans la cybersécurité, le domaine médical, les sciences et l’innovation.

 

Cette proximité ne signifie cependant pas que Bangkok s’aligne sur la politique israélienne à l’égard des Palestiniens.

 

Et la Palestine ?

 

La Thaïlande maintient parallèlement des relations officielles avec l’État palestinien.

 

En novembre 2025, Sihasak Phuangketkeow a reçu à Bangkok son homologue palestinienne Varsen Aghabekian Shahin, lors de la première visite bilatérale palestinienne de ce niveau depuis sept ans.

 

À cette occasion, la Thaïlande a annoncé 100 000 dollars d’aide humanitaire supplémentaire, versés par l’intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge pour ses opérations à Gaza.

 

La solution à deux États comme ligne directrice

 

C’est surtout devant les Nations unies que Bangkok a précisé sa doctrine.

 

Le 30 juillet 2025, lors d’une conférence internationale à New York consacrée à la question palestinienne, l’ambassadeur thaïlandais auprès de l’ONU, Cherdchai Chaivaivid, a réaffirmé le soutien du royaume à un règlement permettant à Israël et à la Palestine de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité.

 

Bangkok appelle parallèlement à un cessez-le-feu durable, à la libération des otages, à la protection des populations civiles et à un accès sans entrave à l’aide humanitaire.

 

Cette position a de nouveau été défendue en décembre 2025 par le vice-ministre des Affaires étrangères Vijavat Isarabhakdi, qui a notamment souligné les souffrances persistantes des populations palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie.

 

Quid de l’ASEAN ?

 

Au sein de l’ASEAN, la Malaisie et l’Indonésie, deux grands pays musulmans, défendent la cause palestinienne. En février 2025, les ministres des Affaires étrangères de l’organisation ont collectivement réaffirmé le « droit inaliénable du peuple palestinien » à l’autodétermination et appelé à une solution fondée sur deux États.

 

Bangkok marche donc sur une ligne de crête. Mais sa doctrine est finalement assez lisible : Israël est un partenaire ; la Palestine est un État reconnu ; les otages doivent être libérés ; les civils palestiniens doivent être protégés ; et aucune paix durable ne sera possible sans deux États.

 

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