Home Histoire et Patrimoine THAÏLANDE – HISTOIRE : Gavroche plonge dans les racines de la culture thaïe…

THAÏLANDE – HISTOIRE : Gavroche plonge dans les racines de la culture thaïe…

Journaliste : Fabrice Sergent Date de publication : 03/09/2026
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Notre ami et lecteur Fabrice Sergent nous a proposé une série d’articles sur les origines de la culture thaïlandaise et les racines du royaume. Bienvenue ! Voici le premier épisode de cette série qui s’annonce passionnante !

 

Les royaumes de Dvāravatī : Aux origines de la culture thaïlandaise

 

Tête de Bouddha style Mon-Dvaravati
Tête de Bouddha, style Mon-Dvaravati, VIIIe-IXe siècle. Photo du domaine public (CC0), collections du Honolulu
Museum of Art

 

Au cœur des plaines centrales de la Thaïlande actuelle, entre le VIᵉ et le XIᵉ siècle de notre ère, les royaumes de Dvaravati s’épanouissaient en une mosaïque de cités-États unies par le commerce et la religion. Longtemps méconnue, cette civilisation reste aujourd’hui encore mystérieuse, et seuls les vestiges archéologiques et les œuvres d’art permettent de pallier le manque de sources écrites. Carrefour d’influences entre le monde indien et le monde khmer, Dvaravati a profondément façonné l’identité culturelle de l’Asie du Sud-Est.

 

Comment ces principautés étaient-elles organisées ? Quel fut leur véritable rayonnement ? Dans quel endroit se rendre pour s’imprégner véritablement des vestiges de cette civilisation ? Embarquons pour un voyage au cœur de cette énigme historique, de son apogée spirituelle à son mystérieux déclin.

 

Comment naissent et se développent les royaumes de Dvaravati ?

 

L’histoire de Dvaravati est ancrée dans le bassin alluvial du Chao Phraya. C’est autour de cités comme Nakhon Pathom et U Thong que des communautés agricoles, ayant en commun la culture intensive du riz, se structurent. Mais, par la suite, de nombreuses transformations sociales marquent l’évolution de la civilisation Dvaravati. Les villes fortifiées et les monuments bouddhiques se multiplient, ce qui montre le développement de pouvoirs plus centralisés. L’organisation villageoise fondée sur les clans tend alors à disparaître, même s’il apparaît que cette évolution a été marquée par des rivalités entre différents groupes, comme le montre la construction de remparts, de fossés et
de portes fortifiées.

 

Par ailleurs, l’essor des royaumes de Dvaravati est favorisé par les nombreux fleuves présents dans cette région, qui facilitent les déplacements entre les différentes cités et favorisent le commerce avec des régions lointaines, comme l’atteste la présence, dans des sites funéraires, de perles indiennes, de verre romain et de céramiques chinoises.

 

Politique et économie

 

Dvaravati n’était pas un État unifié, mais une fédération de cités-États dirigées par des élites locales. Ces élites asseyaient leur autorité grâce à un soutien financier aux monastères. Une administration gérait les ressources, se chargeait de la collecte des taxes sur l’agriculture et une milice s’occupait de régler les conflits. Enfin, le clergé bouddhiste jouait un rôle indispensable d’arbitre.

 

L’économie de Dvaravati reposait sur la maîtrise de l’eau, grâce à des systèmes d’irrigation
sophistiqués. Ces techniques ont permis la culture intensive du riz, qui a favorisé, grâce aux surplus de production, le développement de réseaux commerciaux, comme nous l’avons vu précédemment, avec l’Inde, la Chine, le monde romain et la Perse. Parallèlement, ces systèmes d’irrigation ont contribué au développement de villes comme Nakhon Pathom.

 

Comment vit-on dans ces royaumes ?

 

La vie quotidienne dans les royaumes de Dvaravati est régie par le régime des pluies saisonnières et le travail dans les rizières. La société est structurée autour des élites, des artisans et des agriculteurs. Les moines s’occupent de l’éducation des enfants, de la transmission des connaissances et de la diffusion du bouddhisme.

 

Arts, cuisine, vêtements et festivals mêlent traditions locales et influences venues d’ailleurs, notamment de l’Inde, tandis que le commerce enrichit les classes dirigeantes. Les cérémonies renforcent la cohésion sociale, malgré des tensions autour des terres et des ressources. Les textes bouddhiques étaient inscrits sur la pierre ou sur des feuilles de palmier.

 


Les causes du déclin de Dvaravati

 

À partir du IXᵉ siècle, l’Empire khmer est en pleine expansion et on assiste à l’arrivée de
populations de langue thaï. Les traces du déclin de certaines cités de Dvaravati se matérialisent par la découverte d’inscriptions en sanskrit, comme à Lopburi. De plus, les rivalités entre les cités-États s’accentuent et accélèrent l’affaiblissement politique des royaumes. Toutefois, culturellement et spirituellement, Dvaravati a préservé une forte identité, dont l’art et les traditions bouddhiques ont durablement influencé les royaumes de Sukhothai et d’Ayutthaya.

 

Se plonger dans l’époque du royaume de Dvaravati à Si Thep

 

Situé dans la province de Phetchabun, le site de Si Thep, classé à l’UNESCO, met en lumière la civilisation de Dvaravati à travers trois composantes majeures : les cités jumelles de Muang Nai et Muang Nok, cernées de douves, le monumental Khao Klang Nok et le monastère troglodyte de la grotte de Khao Thamorrat.

 

Le musée du site présente des objets archéologiques découverts sur place. On peut y voir des fragments de roues de la Loi, des sculptures, des objets utilisés dans la vie quotidienne ainsi que des statues de divinités.

 

Bien avant les grands royaumes thaïlandais, Dvaravati faisait déjà de l’actuelle Thaïlande un carrefour d’échanges. Loin d’être un empire unifié, ce réseau de cités a prospéré grâce au commerce et aux influences venues d’Inde. En s’appropriant le bouddhisme, ces sociétés ont donné naissance à un art raffiné, dont les sculptures ont traversé les siècles. Si Dvaravati a fini par s’effacer, son riche héritage spirituel et culturel demeure profondément ancré dans l’âme de la Thaïlande moderne.

 

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