Home Asie Asean MALAISIE – ENVIRONNEMENT : État d’urgence au Sarawak face à un épisode extrême de pollution

MALAISIE – ENVIRONNEMENT : État d’urgence au Sarawak face à un épisode extrême de pollution

Date de publication : 04/09/2026
0

Kuching sous le haze

 

La Malaisie a déclaré vendredi 4 septembre l’état d’urgence dans la région de Serian, au Sarawak, sur l’île de Bornéo, après que la pollution atmosphérique a franchi un seuil critique. Une situation inédite dans cet État malaisien depuis la grande crise de 1997, sur fond d’incendies qui touchent actuellement l’Indonésie.

 

Un épais brouillard de pollution enveloppe une partie du Sarawak. Vendredi 4 septembre, le roi de Malaisie, Sultan Ibrahim, a approuvé la déclaration de l’état d’urgence dans toute la division de Serian, à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Kuching, la capitale de cet État malaisien situé sur l’île de Bornéo.

 

En cause : une dégradation exceptionnelle de la qualité de l’air. L’indice malaisien de pollution atmosphérique, l’API (Air Pollutant Index), a atteint 518 à Serian vendredi matin, avant de se maintenir au-dessus de 500 dans l’après-midi.

 

Pour mesurer la gravité de ce chiffre, l’échelle malaisienne considère une qualité de l’air comme bonne entre 0 et 50, malsaine entre 101 et 200 et dangereuse au-delà de 300. Le plan national contre le haze prévoit le déclenchement possible de l’état d’urgence lorsqu’un indice de 500 est atteint.

 

Le haze, un phénomène régional

 

Cette pollution porte en Asie du Sud-Est un nom désormais familier : le haze. Il s’agit d’un brouillard chargé de particules, alimenté notamment par les fumées des incendies de forêts et de tourbières, qui peuvent être transportées sur de longues distances.

 

L’épisode actuel intervient alors que d’importants incendies touchent Kalimantan et Sumatra, en Indonésie. Des concentrations importantes de foyers ont été détectées dans ces régions et les fumées ont gagné plusieurs pays voisins, notamment la Malaisie et Brunei.

 

Le phénomène n’est pas nouveau. Lors des saisons sèches particulièrement sévères, les incendies peuvent provoquer de vastes épisodes de pollution transfrontalière affectant plusieurs pays de l’ASEAN.

 

Une première depuis 1997

 

La décision prise vendredi donne toutefois à la crise actuelle un caractère exceptionnel. Le Sarawak n’avait plus déclaré d’état d’urgence en raison du haze depuis septembre 1997, lors de l’une des plus graves crises de pollution atmosphérique qu’ait connues l’Asie du Sud-Est.

 

À l’époque, l’API avait culminé à 860. Même lors du sévère épisode de 2019, les niveaux enregistrés au Sarawak étaient restés inférieurs à ceux observés vendredi à Serian.

 

Près de 200 000 élèves privés d’école

 

Les conséquences sont déjà importantes pour la population. Les autorités éducatives du Sarawak ont annoncé la fermeture temporaire de 647 écoles du 7 au 11 septembre dans douze districts.

 

La mesure concerne 563 écoles primaires et 84 établissements secondaires, soit 198 559 élèves. Les cours doivent se poursuivre à distance pendant cette période.

 

L’état d’urgence permet par ailleurs de suspendre certaines activités publiques et privées dans la région de Serian, à l’exception des services essentiels. Les autorités ont précisé qu’il ne s’agissait pas d’un confinement comparable à ceux de la pandémie de Covid-19.

 

La pollution ne se limite pas à Serian. Vendredi à 16 heures, Kuching affichait un API de 313, également classé dangereux, tandis que Samarahan atteignait 288 et Sri Aman 239, des niveaux considérés comme très malsains.

 

Des pluies provoquées pour tenter de nettoyer l’air

 

Face à la situation, les autorités du Sarawak ont lancé des opérations d’ensemencement des nuages, une technique destinée à favoriser les précipitations. L’objectif est notamment de contribuer à réduire les concentrations de particules dans l’atmosphère.

 

La situation reste néanmoins dépendante de l’évolution des incendies et des conditions météorologiques. Les autorités régionales surveillent particulièrement le transport des fumées entre les différentes îles de l’archipel et les pays voisins.

 

Pour les lecteurs de Thaïlande, le phénomène rappelle les épisodes de pollution qui frappent régulièrement le nord du royaume pendant la saison des brûlis. Les deux situations ne sont cependant pas identiques : au Sarawak, la crise actuelle s’inscrit dans un épisode de haze transfrontalier lié aux incendies de Bornéo et de Sumatra.

 

Près de trente ans après la crise historique de 1997, le retour de l’état d’urgence au Sarawak montre ainsi que la pollution transfrontalière provoquée par les grands incendies demeure l’un des principaux défis environnementaux de l’Asie du Sud-Est.

 

Rejoignez les plus de 13 000 lecteurs qui reçoivent chaque semaine Gavroche Hebdo. Pour ne rien manquer de l’actualité de la Thaïlande et de l’Asie du Sud-Est, inscrivez-vous en cliquant ici

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus