
La procédure visant 77 personnes, dont 26 sénateurs en exercice, pour des irrégularités présumées lors de la sélection sénatoriale de 2024 ne devrait avoir qu’un impact limité sur l’économie et les marchés thaïlandais, estime Kiatnakin Phatra Securities (KKPS). La maison de courtage voit davantage de risques dans la remontée des taux américains.
L’affaire du Sénat entre dans une nouvelle phase en Thaïlande. Le 14 septembre, la Commission électorale a décidé de saisir la Cour suprême pour engager des poursuites pénales contre 77 personnes, dont 26 sénateurs en exercice, à l’issue de son enquête sur le processus de sélection de la Chambre haute en 2024.
Malgré l’importance politique du dossier, Kiatnakin Phatra Securities (KKPS) n’anticipe pas, à ce stade, de conséquences économiques majeures. La maison de courtage relève notamment que la procédure actuelle ne remet pas directement en cause le gouvernement, qui conserve une majorité de plus de 300 députés à la Chambre.
L’un des principaux risques identifiés dans la note a par ailleurs déjà été levé : le budget 2027, d’un montant de 3 788 milliards de bahts, a franchi les deux chambres du Parlement. Le Sénat l’a adopté le 11 septembre par 145 voix contre 5, avec 12 abstentions, après son approbation par la Chambre des représentants.
Le risque vient davantage des taux américains
Pour KKPS, la principale menace pour la Bourse thaïlandaise se situe désormais à l’extérieur du royaume. La hausse des rendements obligataires américains pourrait peser davantage sur le SET que les développements politiques actuels.
Depuis 2023, souligne la maison de courtage, les actions thaïlandaises se montrent particulièrement sensibles aux mouvements des taux américains à long terme. Selon ses calculs, une hausse de plus de 0,5 point du rendement des obligations américaines à dix ans en l’espace d’un mois s’est historiquement accompagnée d’un recul moyen de 0,5 % du SET sur la même période.
Les entreprises thaïlandaises apparaissent toutefois mieux armées face à des taux durablement élevés. Parmi les sociétés du SET100, hors finance et énergie, le ratio dette sur fonds propres est revenu de 1,2 en 2022 à 0,9, tandis que leur capacité à couvrir leurs charges d’intérêts s’est améliorée, relève KKPS.
Dans ce contexte, Kiatnakin Phatra se montre plus prudent sur les services aux collectivités et les sociétés financières, plus sensibles aux taux. La maison de courtage conserve en revanche une préférence pour les banques, les hôpitaux et le tourisme, et relève son appréciation du secteur de l’alimentation et des boissons.
Gaston Baht
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