
De violentes pluies ont provoqué d’importantes inondations dans la nuit du 23 au 24 septembre à Pattaya. Plusieurs grands axes et quartiers touristiques ont été submergés, avec parfois plus d’un mètre d’eau. La municipalité reconnaît que les précipitations ont dépassé les capacités actuelles du réseau d’évacuation.
Pattaya s’est une nouvelle fois réveillée les pieds dans l’eau jeudi 24 septembre. Après plusieurs heures de pluies intenses dans la nuit, de nombreux secteurs de la station balnéaire ont été inondés.
Dans les zones les plus touchées, le niveau de l’eau a atteint 50 centimètres à plus d’un mètre. La 3e Road, les secteurs de Khao Talo, South Pattaya et Central Pattaya, Soi Buakhao ou encore Beach Road ont été affectés. Walking Street a également été inondée, obligeant touristes et employés à se déplacer dans l’eau.
À certains endroits, voitures et motos ont été partiellement submergées et des déchets ont été emportés par les courants.
Plus de 100 litres d’eau par mètre carré
Selon le maire de Pattaya, Poramet Ngampichet, plus de 100 mm de pluie sont tombés pendant l’épisode, soit plus de 100 litres d’eau par mètre carré. La municipalité estime que le réseau actuel peut absorber des précipitations de l’ordre de 60 à 70 mm par jour. L’intensité de l’épisode a donc dépassé ses capacités, provoquant une accumulation rapide dans les points bas de la ville. Le maire indique qu’en l’absence de nouvelles précipitations, l’eau peut généralement être évacuée en une à trois heures.
À Pacific Village, l’un des secteurs les plus touchés, une soixantaine de foyers ont subi les conséquences de la montée des eaux. Deux habitations ont été particulièrement endommagées après l’effondrement d’un mur, qui a permis à l’eau de pénétrer brutalement dans le lotissement. Les autorités locales ont commencé à évaluer les dégâts et distribué des aides aux habitants.
Le problème ne se limite pas aux canalisations
Pattaya prévoit d’augmenter considérablement ses capacités de drainage. Mais construire des canalisations plus importantes ne constitue qu’une partie des réponses possibles aux inondations urbaines. L’urbanisation modifie en effet la manière dont l’eau de pluie rejoint le réseau. Routes, parkings, toitures et autres surfaces imperméables réduisent son infiltration naturelle dans le sol. L’eau ruisselle alors davantage et surtout plus rapidement vers les points bas et les canalisations. Les études hydrologiques montrent que l’urbanisation tend ainsi à produire des pics de débit plus rapides et plus importants après de fortes précipitations.
Cette question est particulièrement importante lors d’orages tropicaux intenses : ce n’est pas seulement la quantité totale d’eau qui compte, mais la vitesse à laquelle elle arrive dans le réseau de drainage. Les stratégies modernes de gestion des eaux pluviales cherchent donc à ralentir ce parcours. Revêtements perméables, espaces végétalisés, noues, jardins de pluie ou bassins de rétention peuvent absorber ou stocker temporairement une partie des précipitations avant de les laisser s’infiltrer ou rejoindre progressivement les canalisations. Ces infrastructures dites « vertes » complètent les réseaux traditionnels en réduisant les pics de ruissellement.
Autrement dit, l’enjeu n’est pas seulement d’évacuer davantage d’eau, mais aussi d’éviter qu’elle n’arrive toute au même moment dans les canalisations. Il reste toutefois difficile de mesurer précisément la part de l’imperméabilisation des sols dans les dernières inondations de Pattaya en l’absence de données détaillées sur les différents bassins versants de la ville.
Deux grands chantiers de drainage
La municipalité mise pour l’instant largement sur l’augmentation de ses capacités d’évacuation. Deux grands projets souterrains sont engagés. Le premier doit améliorer le drainage le long de Sukhumvit Road, entre le secteur de Boonthavorn et l’intersection de Naklua. Le second doit acheminer une partie des eaux du secteur de Khao Nok Kralok vers le canal de South Pattaya.
Ces travaux doivent s’étaler sur plusieurs années. La mairie affiche l’objectif de porter à terme la capacité du système de drainage de 60-70 mm à environ 130 mm de pluie par jour. Cette donnée doit être distinguée des précipitations de cette semaine : 130 mm ne correspond pas à la quantité de pluie tombée dans la nuit, mais à la capacité que la municipalité souhaite atteindre avec ses nouvelles infrastructures.
De nouvelles pluies attendues
L’épisode pourrait ne pas être terminé. Le Département météorologique thaïlandais maintient une alerte aux pluies fortes à très fortes jusqu’au 27 septembre, notamment dans l’Est du pays et à Chonburi. Cette situation résulte du déplacement d’une zone de basse pression depuis le Cambodge, combiné au renforcement de la mousson du sud-ouest. Les autorités météorologiques mettent en garde contre de nouvelles crues soudaines et des accumulations d’eau dans les zones basses.
En mer, les vagues peuvent atteindre 2 à 3 mètres dans le golfe de Thaïlande et dépasser 3 mètres sous les orages.
Les dernières inondations remettent ainsi en lumière un défi devenu récurrent pour Pattaya : adapter le réseau de drainage à des épisodes de pluie très intenses tout en repensant la manière dont une ville de plus en plus urbanisée absorbe, retient et évacue ses eaux pluviales.
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