
Petit Navire est français dans l’imaginaire des consommateurs, mais son propriétaire est thaïlandais. Thai Union veut désormais améliorer sa rentabilité en rationalisant ses usines, ses achats et son organisation internationale.
Une stratégie discrète, mais qui pourrait peser sensiblement sur les résultats du géant des produits de la mer.
Dans les rayons des supermarchés français, peu de consommateurs associent spontanément Petit Navire à la Thaïlande. La célèbre marque appartient pourtant à Thai Union Group, l’un des poids lourds mondiaux des produits de la mer.
Le groupe thaïlandais possède également Parmentier en France et plusieurs grandes marques internationales. Il dispose par ailleurs d’activités industrielles dans l’Hexagone, notamment en Bretagne.
Après des années d’expansion internationale, Thai Union cherche désormais une partie de sa croissance à l’intérieur même du groupe. Lors d’une récente rencontre avec la direction, les analystes de Kiatnakin Phatra ont identifié plusieurs leviers : mieux négocier les achats, réduire le nombre de fournisseurs, centraliser certaines fonctions, limiter le recours aux consultants et mieux utiliser les capacités industrielles existantes.
Les économies commencent en Thaïlande
Les premiers résultats devraient venir des activités thaïlandaises. Le groupe a récemment regroupé plusieurs de ses sites de production afin de gagner en efficacité. Parallèlement, Thai Union poursuit ses investissements dans ses marques, l’innovation et les produits à plus forte valeur ajoutée. Mais, à court terme, la direction estime pouvoir obtenir plus rapidement des résultats en agissant sur ses propres coûts.
Thai Union estime pouvoir réduire sensiblement ses frais commerciaux et administratifs au cours des six à douze prochains mois, grâce aux économies déjà identifiées. Autrement dit, Thai Union cherche d’abord à dépenser moins pour produire et vendre plus efficacement, plutôt qu’à compter uniquement sur une forte accélération de ses ventes.
Après les usines, l’organisation internationale
Le chantier sera plus long à l’étranger. Les législations sociales, les procédures administratives et l’organisation plus décentralisée des filiales rendent les restructurations plus complexes. Thai Union veut néanmoins mieux intégrer ses différentes activités, supprimer certaines fonctions faisant doublon et améliorer l’utilisation de ses capacités de production. La direction vise ainsi à ramener ses frais commerciaux, généraux et administratifs de 14,5 % à 12 % du chiffre d’affaires dans les cinq prochaines années.
Le groupe entend parallèlement mieux gérer son fonds de roulement et limiter ses dépenses d’investissement. L’objectif est de dégager davantage de trésorerie et de réduire progressivement son endettement.
Cette stratégie tranche avec les grandes opérations de croissance externe qui ont contribué à bâtir l’empire international de Thai Union. Le propriétaire de Petit Navire cherche désormais une partie de sa croissance dans ce qu’il possède déjà : ses usines, ses achats et son organisation internationale.









