Accueil À la une THAÏLANDE – SOCIÉTÉ : Les « lits-cages » qui ont choqué le royaume

THAÏLANDE – SOCIÉTÉ : Les « lits-cages » qui ont choqué le royaume

Date de publication : 07/10/2026
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lit-cages

 

 

Une centaine de pensionnaires pour une capacité autorisée de 50 places, des lits entourés de structures métalliques et des résidents souffrant pour beaucoup de troubles psychiatriques : les révélations sur un centre de soins de Kanchanaburi ont provoqué une vive émotion en Thaïlande. Après plusieurs jours d’inspections, les autorités sanitaires viennent d’en ordonner la fermeture.

 

L’affaire commence par le témoignage d’une femme de 63 ans surnommée « Mae Phat ». Invitée de Hone Krasae, une émission de télévision extrêmement populaire en Thaïlande qui s’empare régulièrement des grandes affaires de société, elle raconte avoir été placée dans un centre de Tha Muang, dans la province de Kanchanaburi, où elle affirme avoir été maintenue contre son gré pendant plus de deux ans.

 

 

Elle accuse notamment l’établissement de mauvais traitements et affirme avoir passé plusieurs mois enfermée dans un espace entouré de barreaux métalliques. La diffusion de son témoignage et d’images montrant des lits entièrement ceinturés de structures métalliques provoque rapidement une controverse et entraîne l’intervention des autorités sanitaires.

 

Les accusations de violences et de privation de liberté formulées par Mae Phat font toujours l’objet d’une enquête et ne sont, à ce stade, pas établies judiciairement.

 

86 pensionnaires souffrant de troubles psychiatriques

 

Les inspections font cependant apparaître une situation qui dépasse largement la seule question des « lits-cages ». Le centre disposait d’une autorisation pour accueillir 50 personnes âgées ou dépendantes. Les autorités y ont trouvé environ 100 pensionnaires.

 

Plus préoccupant encore, le Département de la santé mentale a examiné 92 résidents : 86 présentaient des troubles psychiatriques ou liés à la consommation de substances, tandis que six souffraient principalement de pathologies physiques.

 

Or, l’autorisation du centre lui permettait d’accueillir des personnes âgées ou dépendantes, mais pas de prendre en charge des patients nécessitant un suivi psychiatrique spécialisé. Les autorités ont d’ailleurs transféré plusieurs résidents nécessitant des soins spécifiques vers des structures médicales adaptées.

 

Les inspecteurs ont également découvert des structures métalliques entourant certains lits, qu’il était parfois possible de verrouiller de l’extérieur. Les responsables du centre affirment les avoir installées pour empêcher des pensionnaires présentant des symptômes sévères de tomber, de s’enfuir, de se blesser ou de mettre d’autres personnes en danger.

 

Le centre doit fermer

 

Au terme des inspections, les autorités sanitaires ont finalement ordonné la fermeture de l’établissement.
Commence désormais une opération délicate : trouver une solution pour chacun des pensionnaires. Lorsque leur situation le permet, certains doivent retourner auprès de leur famille. D’autres seront transférés vers des établissements disposant des autorisations et des compétences nécessaires. Les services sociaux doivent également intervenir pour les personnes ne disposant pas d’une solution familiale adaptée.

 

Informée en direct de la décision de fermeture dans Hone Krasae, Mae Phat a fondu en larmes avant d’effectuer un wai, le geste thaïlandais de respect et de gratitude.

 

La fermeture administrative ne clôt toutefois pas l’affaire. La police poursuit séparément son enquête sur les accusations de violences et de privation de liberté formulées par l’ancienne pensionnaire, afin de déterminer si elles peuvent donner lieu à des poursuites pénales.

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