
Le Trésor américain a annoncé, vendredi 9 octobre, la levée des sanctions visant Theint Win Htet, fille d’un homme d’affaires birman accusé par Washington d’avoir approvisionné la marine birmane en carburant. Cette décision individuelle intervient plus de deux ans après son inscription sur la liste noire américaine. Washington n’en précise pas les raisons.
Le 9 octobre, l’Office américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), chargé d’appliquer les sanctions économiques des États-Unis, a officiellement retiré Theint Win Htet de sa liste noire.
Pour comprendre cette décision, il faut remonter au 31 janvier 2024. Washington avait alors sanctionné Thein Win Zaw, fondateur du groupe Shwe Byain Phyu, ainsi que plusieurs membres de sa famille.
Les autorités américaines reprochaient à son conglomérat, présent notamment dans les secteurs pétrolier et logistique, ses relations commerciales avec Myanmar Economic Holdings Limited (MEHL), une entreprise contrôlée par l’armée birmane. Selon le Trésor américain, Thein Win Zaw avait notamment fourni du carburant à la marine birmane.
Ces sanctions s’inscrivaient dans la politique américaine de pression économique contre les entreprises soutenant l’armée, au pouvoir depuis le coup d’État de février 2021.
Sanctionnée en raison de son père
Washington avait inscrit Theint Win Htet sur sa liste noire en sa qualité de fille majeure de Thein Win Zaw, conformément aux dispositions du décret américain sur les sanctions contre la Birmanie. Cette mesure entraînait le gel de ses éventuels avoirs sous juridiction américaine et interdisait, sauf autorisation, aux personnes et entreprises américaines d’effectuer des transactions avec elle.
L’affaire avait également connu un prolongement en France. En avril 2024, Le Monde révélait que Theint Win Htet étudiait à HEC Paris. Des ONG s’interrogeaient alors sur le financement de ses études. En juillet 2025, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à HEC de réintégrer l’étudiante, que l’établissement avait refusé de réadmettre en raison des sanctions américaines.
La jeune femme avait également contesté ces sanctions devant la justice américaine. En février 2025, un tribunal fédéral avait rejeté son recours, qui contestait notamment le pouvoir de Washington de sanctionner les enfants majeurs des personnes visées.
Le 9 octobre 2026, les autorités américaines ont finalement retiré son nom de la liste. Cette décision ne s’accompagne d’aucune annonce concernant les sanctions visant son père ou le groupe Shwe Byain Phyu.
Le Trésor américain n’a pas précisé les motifs de ce retrait.
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