
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) et ses pays membres ont décidé de procéder à une libération record de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques pour atténuer le choc sur l’approvisionnement lié à la fermeture du détroit d’Ormuz. Cette mesure, étalée sur au moins deux mois, intervient alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran perturbe environ 20 % des flux mondiaux de pétrole.
Les pays membres de l’AIE disposent collectivement de 1,8 milliard de barils de pétrole et de produits raffinés en réserve, mobilisables en cas de perturbation majeure des marchés mondiaux.
Des prix déjà très volatils
Depuis l’escalade du conflit, les prix du pétrole ont fortement fluctué, passant d’environ 73 USD le baril avant la guerre à près de 116 USD au plus fort de la panique sur l’offre. Après l’annonce de la libération des réserves stratégiques, les cours sont redescendus autour de 90 USD le baril. Parallèlement, le président américain Donald Trump a tenté de rassurer les marchés en évoquant la possible fin prochaine du conflit.
Une mesure déjà intégrée par les marchés
Selon les analystes, la nouvelle de la libération des réserves est déjà reflétée dans les cours actuels. Depuis les premières rumeurs de cette opération, les prix ont chuté de près de 22 % par rapport à leur sommet. Historiquement, les libérations coordonnées de l’AIE entraînent des baisses à court terme comprises entre 7 et 20 %. Une fois cette correction effectuée, un rebond des prix pourrait même se produire si le détroit d’Ormuz reste fermé.
Une solution partielle face à un déficit majeur
Malgré l’ampleur de la mesure, cette libération représente moins de la moitié du déficit d’approvisionnement actuel. Sur une période de 2 à 3 mois, le pétrole libéré serait injecté sur le marché à un rythme de 4,4 à 6,7 millions de barils par jour, alors que les pertes potentielles dues au conflit pourraient dépasser 10 à 15 millions de barils par jour. Si la fermeture du détroit persiste, les réserves stratégiques pourraient s’épuiser progressivement, entraînant à terme une nouvelle pression à la hausse sur les prix du pétrole une fois la libération terminée.
Gaston Baht
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