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BANGKOK – EXPOSITION : Les femmes sur le front du climat, une histoire de résistance

Date de publication : 11/10/2026

Les femmes sur le front du climat

 

Quel rapport entre une ouvrière du textile à Phnom Penh et une artisane autochtone d’Amérique du Sud ? À Bangkok, une exposition explore les conséquences du changement climatique sur leur vie et leur travail. Photographies, témoignages et créations textiles composent ce parcours présenté jusqu’au 31 octobre dans le quartier de Song Wat.

 

D’un côté, les ateliers de confection de Phnom Penh, où des milliers de femmes fabriquent les vêtements destinés aux marchés internationaux. De l’autre, les territoires du Gran Chaco, en Amérique du Sud, où des femmes autochtones perpétuent un savoir-faire ancestral : le tissage de fibres végétales.

 

À première vue, ces deux mondes n’ont guère de points communs. Pourtant, ils sont confrontés à une même réalité : les transformations du climat bouleversent les conditions dans lesquelles les femmes travaillent et assurent leur subsistance.

 

C’est le fil conducteur de Threads of Resilience: Women on the Frontlines of Climate Change, une exposition présentée à Bangkok par le Pulitzer Center, organisation américaine qui soutient le journalisme d’investigation et les reportages internationaux.

 

Installée au Nokyoong Tea House, dans le quartier historique de Song Wat, elle réunit photographies documentaires, témoignages et données issus de deux enquêtes journalistiques.

 

Au Cambodge, la chaleur s’invite dans les ateliers

 

À Phnom Penh, l’industrie de l’habillement fait travailler une main-d’œuvre largement féminine. Les vêtements qui sortent de ces usines alimentent les chaînes de distribution internationales, notamment européennes.

 

Mais derrière les collections renouvelées au fil des saisons se pose une question rarement visible sur les étiquettes : comment travailler lorsque les températures deviennent difficilement supportables ?

 

L’enquête présentée dans l’exposition s’intéresse aux ouvrières confrontées à des épisodes de chaleur extrême. Selon les données mises en avant par les organisateurs, le nombre de journées de chaleur extrême à Phnom Penh a triplé en deux décennies.

 

Dans les ateliers, la hausse des températures ne constitue pas seulement une question de confort. Elle peut peser sur la santé, la fatigue et la capacité à travailler.

 

Le sujet dépasse ainsi les frontières du Cambodge. Il interroge également les conditions dans lesquelles sont produits les vêtements achetés à Paris, Bruxelles ou Bangkok.

 

En Amérique du Sud, le tissage pour préserver un mode de vie

 

L’autre enquête conduit les visiteurs dans le Gran Chaco, une vaste région d’Amérique du Sud qui s’étend notamment sur l’Argentine, le Paraguay et la Bolivie.

 

Des femmes du peuple autochtone Wichí y pratiquent le tissage de fibres végétales, une activité qui transmet des connaissances et participe aux revenus des familles.

 

Mais la déforestation transforme leur environnement. À mesure que les territoires forestiers reculent, l’accès aux ressources nécessaires à cet artisanat devient plus difficile.

 

Dans ce contexte, le tissage prend une dimension particulière. Il représente à la fois un moyen de subsistance, une transmission entre générations et une manière de préserver une relation ancienne avec le territoire.

 

En rapprochant ces deux enquêtes, l’exposition montre que les conséquences environnementales ne se limitent pas aux catastrophes spectaculaires. Elles se manifestent aussi dans les gestes du quotidien, les métiers et les ressources dont dépendent les familles.

 

Une exposition à découvrir dans le vieux Bangkok

 

Présentée dans le cadre de la Bangkok Climate Action Week, Threads of Resilience ne se limite pas aux photographies.

 

Des installations artistiques accompagnent les enquêtes, tandis qu’un espace accueille des artisans thaïlandais et régionaux au cours du mois. Un atelier invite également les visiteurs à retracer le parcours d’un vêtement, depuis la matière première jusqu’à sa commercialisation.

 

Le choix du Nokyoong Tea House ajoute une dimension particulière à cette découverte. Situé dans le quartier de Song Wat, connu pour ses anciennes maisons de commerce et ses entrepôts, cet établissement consacré au thé fait revivre une partie du patrimoine marchand de Bangkok.

 

Une adresse qui se prête à une visite culturelle, à quelques pas des rues animées de Chinatown.

 

À travers ces portraits de femmes et ces histoires de textile, l’exposition rappelle qu’un vêtement ou un objet tissé raconte bien davantage qu’une histoire de mode. Il porte aussi la trace d’un territoire, d’un travail et parfois d’un équilibre devenu fragile.

 

Informations pratiques

 

Threads of Resilience: Women on the Frontlines of Climate Change, jusqu’au 31 octobre 2026 au Nokyoong Tea House, quartier de Song Wat, Bangkok.

 

Entrée gratuite.

 

Programme ici.

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