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BIRMANIE – CONFLIT : Ce que l’enquête des Nations unies révèle sur le climat de terreur dans le pays

Date de publication : 12/08/2026
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école bombardée en Birmanie

 

Voici ce que le dernier rapport de l’ONU révèle sur la situation en Birmanie.

 

À l’intérieur d’un camp de déplacés dans le centre de l’État de Rakhine, en Birmanie, en 2025. Le pays compte déjà environ 3,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de ses frontières, un chiffre qui devrait atteindre près de quatre millions en 2026.

 

L’armée birmane mène une campagne prolongée d’attaques délibérées contre les civils, comprenant notamment des frappes aériennes visant des habitations, des écoles et des camps de personnes déplacées, ainsi que des détentions arbitraires, des actes de torture et des violences sexuelles, selon des enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

Pourquoi la crise en Birmanie est préoccupante

 

Les civils sous le feu : des frappes aériennes visent des habitations, des écoles et des hôpitaux.

 

Les exactions se poursuivent : des cas de torture, de détention arbitraire et de violences sexuelles ont été documentés.

 

Des preuves préservées : des informations provenant de plus de 1 600 sources ont été recueillies afin de contribuer à de futures poursuites judiciaires.

 

Ces conclusions figurent dans le rapport annuel du Mécanisme d’enquête indépendant pour la Birmanie (IIMM), couvrant la période allant de juillet 2025 à juin 2026 et publié mardi.

 

« L’un des domaines sur lesquels nous concentrons nos efforts, compte tenu des souffrances que connaît actuellement la Birmanie, concerne les frappes aériennes [contre les communautés] qui se produisent […] Nous examinons la structure de commandement et la manière dont les ordres relatifs à de telles frappes aériennes peuvent être donnés », a déclaré Nicholas Koumjian, chef du Mécanisme.

 

« De nombreuses frappes aériennes visent ou touchent notamment des écoles. Les enfants en sont souvent les victimes, tout comme les hôpitaux. Notre équipe recueille donc des preuves sur les lieux où ces attaques se sont produites et sur le type de munitions utilisées. »

 

La Birmanie est plongée dans un conflit depuis que l’armée a pris le pouvoir en février 2021, renversant le gouvernement civil et arrêtant ses principaux dirigeants, parmi lesquels le président Win Myint et la conseillère d’État Aung San Suu Kyi.

 

Le coup d’État a également déclenché des manifestations à travers le pays, puis l’émergence de mouvements de résistance armée qui contrôlent aujourd’hui de vastes portions de ce territoire profondément fragmenté.

 

Des attaques qui se poursuivent sans relâche

 

Selon le rapport, les attaques se sont intensifiées à l’approche des élections, qui se sont achevées en janvier, et n’ont pas diminué depuis.

 

Les enquêteurs ont retracé des frappes contre des habitations, des écoles, des établissements médicaux, des édifices religieux et des camps de personnes déplacées. Ils ont également identifié certaines des unités militaires responsables.

 

Ils ont par ailleurs constaté que le recours croissant de l’armée à des paramoteurs et à des drones rend les attaques plus difficiles à anticiper pour les civils, réduisant le temps dont ceux-ci disposent pour fuir ou trouver un abri.

 

Des populations durablement meurtries

 

« Derrière chaque élément de preuve que nous recueillons se trouvent des personnes dont la vie a été dévastée par ces crimes », a déclaré Nicholas Koumjian.

 

« Les communautés de toute la Birmanie vivent non seulement sous la menace constante de la violence, mais doivent également faire face aux conséquences profondes et durables de ce qu’elles ont subi. »

 

Les enquêteurs ont également documenté de nombreux cas de torture et de violences sexuelles dans des centres de détention administrés par l’armée. Certains sont liés à une loi adoptée en 2025 qui criminalise les critiques à l’encontre des élections. En vertu de cette législation, des personnes ont été condamnées à des peines pouvant atteindre 20 ans de prison, voire encourent la peine de mort, pour des actes aussi mineurs que la publication de commentaires critiques sur Internet.

 

Si la majorité des éléments recueillis concernent l’armée et les milices qui lui sont alliées, le Mécanisme précise qu’il enquête également sur les exactions commises par les groupes armés opposés à l’armée.

 

Ses conclusions reposent sur plus de 1 600 sources, dont plus de 750 témoignages, ainsi que sur des photographies, des vidéos, des éléments de preuve médico-légaux et des images satellites.

 

Un mécanisme chargé de préparer de futures poursuites

 

Le Mécanisme d’enquête indépendant pour la Birmanie a été créé en 2018 par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies afin de recueillir et de préserver les preuves relatives aux crimes les plus graves commis en Birmanie depuis 2011, en vue de leur utilisation dans le cadre de futures poursuites judiciaires.

 

Le Mécanisme n’engage pas lui-même de poursuites, mais transmet les éléments recueillis aux tribunaux et aux autorités compétentes.

 

Parmi ceux-ci figurent la Cour pénale internationale ainsi que des tribunaux argentins saisis d’affaires concernant des crimes commis contre les Rohingyas. Le Mécanisme fournit également des éléments à la Cour internationale de justice, qui examine si la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide lors de la répression menée en 2016 et 2017 contre les communautés rohingyas.

 

La persécution des Rohingyas au cœur des enquêtes internationales

 

En 2017, Zeid Ra’ad Al Hussein, alors Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, avait condamné les persécutions menées par l’armée birmane contre les Rohingyas, qui avaient fui par centaines de milliers vers le Bangladesh voisin.

 

« La situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique », avait déclaré Zeid devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève.

 

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