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BIRMANIE EXPRESS – ACTUALITÉS : Que retenir de l’actualité birmane du 29 décembre au 4 janvier ?

Date de publication : 05/01/2026
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électeurs birmans

 

Gavroche a sélectionné pour vous plusieurs nouvelles marquantes en Birmanie durant la semaine écoulée. Un panorama essentiel pour comprendre l’évolution récente de ce pays d’Asie du Sud-Est.

 

Politique, Diplomatie

 

Le 30 décembre, l’USDP a revendiqué une victoire écrasante à l’issue du premier scrutin, affirmant avoir remporté plus de 80 % des sièges lors de cette phase initiale. Son président, U Khin Yi, a évoqué un « mandat pour la stabilité ». À l’inverse, plusieurs observateurs ont mis en avant l’absence de réelle concurrence électorale et signalé de nombreuses irrégularités. De son côté, le Gouvernement d’unité nationale (NUG) a jugé les résultats « nuls et non avenus », estimant la participation effective à moins de 15 % dans les zones urbaines, illustrant la profonde divergence des récits autour de ce scrutin.

 

Le 4 janvier 2026, la Birmanie a marqué le 78ᵉ anniversaire de son indépendance. À cette occasion, le régime militaire a annoncé une amnistie portant sur 6 134 détenus, dont 52 ressortissants étrangers. Des organisations de défense des droits humains, dont l’Association d’assistance aux prisonniers politiques (AAPP), ont toutefois souligné que la grande majorité des personnes libérées relèvent du droit commun et non de la détention politique. Du côté de l’opposition, cette annonce est interprétée comme un geste à portée essentiellement diplomatique, à l’approche des prochaines phases électorales prévues les 11 et 25 janvier.

 

Le processus électoral a provoqué de vives réactions au sein de l’ASEAN. Le 31 décembre, la présidence tournante a fait part de ses « profondes préoccupations », rappelant que des élections excluant certaines parties contreviennent au consensus en cinq points de l’organisation. La Malaisie et l’Indonésie ont dénoncé une tentative de légitimation de la junte, tandis que la Birmanie continue de bénéficier principalement du soutien de la Russie et de la Chine, Pékin considérant le scrutin comme un élément de stabilité pour la protection de ses intérêts frontaliers.

 

Le 2 janvier, Hun Sen, président du Sénat cambodgien, a adressé un message de félicitations à Min Aung Hlaing à l’occasion du 78ᵉ anniversaire de l’indépendance de la Birmanie, célébré le 4 janvier. Hun Sen a également réaffirmé sa volonté de renforcer la coopération entre le Cambodge et la Birmanie, sur les plans bilatéral et multilatéral.

 

Moins de 1 000 électeurs se sont rendus dans chacun des bureaux de vote de la municipalité de Myawaddy, dans l’État Karen, lors de la première phase du scrutin organisé par la junte le 28 décembre, selon des sources locales.

 

Le Gouvernement d’unité nationale (NUG), organe de l’opposition birmane, a annoncé l’octroi d’une amnistie totale à 110 détenus incarcérés dans des prisons et centres de détention placés sous le contrôle des forces de la résistance. La décision a été rendue publique le jour de l’An par le président par intérim Duwa Lashi La. Les prisonniers non concernés par cette mesure bénéficieront d’une réduction d’un tiers de leur peine restante pour des raisons humanitaires. Le NUG précise que cette amnistie s’inscrit dans l’intérêt de la « révolution du printemps », sans détailler les motifs des condamnations.

 

Fondatrice du People’s Pioneer Party (PPP) après sa rupture avec la NLD, Dr Thet Thet Khine est perçue par une partie de l’opposition comme s’étant rapprochée de l’administration de la junte. Lors de la première phase des élections organisées par le régime militaire, son parti n’a remporté aucun siège. Selon plusieurs sources, la Commission électorale contrôlée par la junte lui aurait en outre interdit de se présenter, invoquant un conflit d’intérêts. À ce stade, le PPP ne dispose d’aucune représentation, tandis que de nombreux partis ethniques et politiques continuent de boycotter un scrutin jugé biaisé. Une seconde phase électorale est prévue pour la deuxième semaine de janvier 2026.

 

Économie

 

L’économie birmane entame 2026, avec une contraction du PIB estimée à 2,0 % pour l’exercice clos en mars. La situation reste marquée par les conséquences du séisme de mars 2025, dont les dégâts atteignent 11 milliards de dollars. Malgré quelques signes de reprise industrielle, la faiblesse de la demande intérieure et les pénuries de main-d’œuvre liées au conflit freinent l’activité. La Banque mondiale évoque une économie en « survie », avec plus de 30 % de la population sous le seuil de pauvreté.

 

Le kyatt continue de se déprécier fortement, atteignant environ 4 520 kyats pour un dollar sur le marché noir. Cette instabilité alimente une inflation estimée à 31 % pour 2025-2026 selon le FMI. La Banque centrale a multiplié les injections de devises pour sécuriser les importations essentielles, mais les contrôles de change stricts pénalisent la compétitivité des exportations et maintiennent les prix à des niveaux très élevés pour les ménages.

 

Face à une crise énergétique chronique, la junte cherche à relancer la production de gaz naturel. Le 2 janvier, des rapports ont évoqué un renforcement de la coopération avec la Chine, l’Inde et la Thaïlande pour l’exploration offshore. Des projets de modernisation des raffineries et de nouvelles installations d’engrais sont à l’étude, afin d’assurer des revenus en devises et de financer l’appareil militaire.

 

L’investissement étranger s’est recentré sur quelques partenaires clés. La Chine demeure le principal soutien économique via les « Nouvelles routes de la soie », tandis que la Russie se rapproche comme partenaire énergétique et technologique. En dehors de ces alliés, la plupart des investisseurs adoptent une attitude prudente face à l’instabilité politique et aux risques de sanctions.

 

Le secteur agroalimentaire fait preuve d’une résilience relative. Sur les huit premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, la Birmanie a exporté plus de 830 tonnes de miel, pour une valeur de 1,25 million de dollars. Les exportations de riz et de légumineuses se maintiennent également à des niveaux soutenus. Pour les économistes, ces filières constituent encore un rempart essentiel face au risque d’une crise alimentaire plus large.

 

Répression / Conflit

 

Entre le 29 décembre et le 4 janvier, l’armée de l’air birmane a intensifié ses frappes dans les États Shan et Kayin ainsi que dans la région de Sagaing. Le 2 janvier, un bombardement mené à Hpasawng a contraint plus de 3 000 villageois à fuir leurs habitations et à se déplacer vers la frontière thaïlandaise.

 

Les Forces de défense du peuple (PDF) ont mené mardi des attaques coordonnées contre des positions de l’armée le long du fleuve Sittaung, dans le district de Yedashe (région de Bago). Selon leur commandement régional, plusieurs postes ont été pris pour cible sur les deux rives du fleuve, faisant des dizaines de victimes parmi les troupes du régime et permettant la capture de trois soldats. L’armée a riposté par des tirs d’artillerie sur des villages riverains, tandis que les PDF ont annoncé une intensification de leurs opérations et appelé les civils à éviter tout contact avec les forces du régime.

 

Des frappes aériennes menées par la junte ont touché deux villages, Halta et Haiphai, dans le district de Hakha, provoquant la mort d’une mère et de ses deux fils, selon des sources locales. Les bombardements, effectués par un avion de combat dans la nuit, ont frappé des zones habitées.

 

Société

 

La junte a condamné en 2022 la médecin devenue mannequin Nang Mwe San à six ans de prison pour des publications jugées contraires à la « culture et à la dignité ». Dimanche, les autorités l’ont libérée dans le cadre de l’amnistie accordée à l’occasion de la fête de l’Indépendance. Le régime a également annoncé la remise en liberté de plusieurs milliers de détenus dans le cadre de cette mesure annuelle.

 

La Banque centrale de Birmanie a retiré de sa liste noire une concession automobile liée à la famille de Saw Chit Thu, chef de la Karen Border Guard Force (BGF), après que l’entreprise a régularisé plus de 500 000 dollars de recettes d’exportation via le système bancaire officiel. Chit Linn Myaing Toyota, sanctionnée en juillet, a été radiée en même temps que 29 autres sociétés. Cette décision intervient alors que des hommes de Saw Chit Thu ont assuré la sécurité du scrutin organisé par la junte à Myawaddy. Des ONG, dont Justice for Myanmar, soulignent les liens d’affaires du clan avec des opérations de cyberescroquerie dans la région.

 

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