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CAMBODGE – CHRONIQUE : Vue de Phnom Penh, l’agression thaïlandaise se poursuit

Journaliste : Yann Moreels Date de publication : 08/04/2026
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Une chronique cambodgienne de Yan Moreels

 

Le ton monte au Cambodge après l’annonce d’un déplacement récent de bornes frontalières dans des zones occupées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Khmers, dans leur ensemble, ne supportent plus les « bruits de bottes » thaïlandais dans les zones où une nouvelle frontière est née après le dernier cessez-le-feu imposé par la force, dans un conflit qui dure maintenant depuis six mois.

 

En effet, il reste quelques milliers de Cambodgiens qui n’ont pas pu rentrer chez eux et vivent dans des camps, alors que les militaires siamois, derrière des rangées de containers, détruisent des maisons et construisent de nouvelles routes.

 

La population, les artistes et les chanteurs se mobilisent encore pour aider financièrement les réfugiés par des actions humanitaires, pendant que les autorités poursuivent des démarches diplomatiques, notamment régionales, pour alerter la communauté internationale contre leurs voisins envahisseurs.

 

Ces derniers jours, le gouvernement cambodgien s’est même retrouvé confronté à des initiatives venues de Thaïlande visant à remettre en cause les accords de 2000 sur la délimitation de la frontière terrestre entre les deux pays (un mémorandum d’entente bilatéral, jusque-là respecté).

 

Or, cette frontière entre les deux pays a toujours été bien délimitée — conventions franco-siamoises de 1904 et 1907 — et confirmée par des cartes géographiques et des bornes. Seuls quelques vestiges de temples situés sur cette frontière ont donné lieu à des combats ces derniers mois pour savoir — de mauvaise foi évidente — si un vieux temple khmer, avec un accès protégé depuis des lustres par d’anciennes mines khmères, ne serait pas une propriété thaïlandaise.

 

Depuis lors, les observateurs internationaux ont bien compris que les combats n’avaient pas que la frontière en ligne de mire et que bien d’autres éléments exaspéraient les Siamois du voisinage du royaume khmer et de son homme fort, qui posséderait des casinos depuis trop longtemps : le président du Sénat et ancien Premier ministre Hun Sen.

 

Il existe aussi un MoU de 2001 portant sur les zones maritimes communes et sur les ressources énergétiques, notamment pétrolières et gazières.

 

C’est dans un communiqué publié le 26 mars 2026 que le Secrétariat d’État aux Affaires frontalières du gouvernement royal a rejeté catégoriquement la proposition d’un comité du Sénat thaïlandais — tiens, tiens, le Sénat — d’annuler le mémorandum d’entente (MoU) de 2000, qu’il qualifie d’« infondée », contraire au droit international et dictée par des arrière-pensées politiques.

 

Selon Phnom Penh, ce MoU de 2000 constitue un accord bilatéral majeur, signé par les deux gouvernements et enregistré auprès de l’Organisation des Nations unies. Il établit un cadre destiné à résoudre pacifiquement les différends frontaliers à travers la Commission mixte de délimitation des frontières terrestres (JBC). Les autorités cambodgiennes soulignent que ce texte a valeur de traité international et crée des obligations juridiques contraignantes pour les deux parties.

 

Le Secrétariat d’État insiste également sur le fait qu’en vertu du droit international, et notamment de la Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, la Thaïlande ne peut invoquer ni ses procédures internes ni d’autres arguments pour justifier une annulation unilatérale de cet accord. Phnom Penh cite en particulier l’article 62, qui limite strictement les conditions de retrait d’un traité.

 

Ainsi vit la population khmère, sachant qu’un jour ou l’autre, il faudra bien traiter ce « cancer » frontalier, et que cela se fasse le plus vite possible pour éviter que le feu ne reprenne, par accident ou par épuisement de l’exaspération…

 

La souveraineté du territoire est encore dans toutes les bouches, et les investissements militaires thaïlandais sur les terres khmères n’y changeront rien.

 

Yann MOREELS

 

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