
La Banque nationale du Cambodge veut tourner la page des mesures exceptionnelles accordées aux banques pour restructurer les crédits en difficulté. Selon Nikkei Asia, elle a refusé de prolonger le dispositif jusqu’à fin 2026, alors que les créances douteuses pèsent de plus en plus lourd dans les bilans du secteur financier.
Après plusieurs années d’assouplissement, la Banque nationale du Cambodge (NBC) veut revenir à des règles plus strictes. Selon Nikkei Asia, les établissements financiers avaient demandé le maintien jusqu’au 31 décembre 2026 des mesures facilitant la restructuration des prêts. La banque centrale a refusé cette prolongation.
Ces dispositions permettaient notamment aux banques de réaménager certains crédits accordés à des clients en difficulté sans devoir immédiatement les considérer comme plus risqués. Elles avaient permis d’amortir les conséquences du ralentissement économique, mais pouvaient également retarder l’apparition des difficultés dans les bilans bancaires.
La NBC avait déjà annoncé fin août la sortie progressive du dispositif. Les emprunteurs dont les crédits ont déjà été restructurés continueront toutefois de bénéficier des conditions qui leur ont été accordées.
Près d’un prêt sur dix considéré comme douteux
La décision intervient dans un contexte de détérioration de la qualité du crédit. Au premier semestre 2026, le taux brut de créances douteuses du système financier cambodgien atteignait 9,6 %, selon les données publiées par les autorités.
Fin juillet, la gouverneure de la NBC, Chea Serey, indiquait également que près de 240 000 prêts, représentant 4,8 milliards de dollars, avaient fait l’objet d’une restructuration.
Le problème est suivi de près par les institutions internationales. Le FMI avait salué la fin de l’assouplissement réglementaire généralisé, tout en appelant les établissements cambodgiens à reconnaître rapidement leurs pertes et à constituer des provisions suffisantes. L’institution pointe notamment les risques liés à la faiblesse persistante du secteur immobilier.
En mettant fin aux mesures exceptionnelles, Phnom Penh cherche donc à obtenir une photographie plus fidèle de la santé de son système bancaire, quitte à faire apparaître plus clairement les créances fragiles accumulées ces dernières années.
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