
Le Cambodge s’apprête à vivre un automne diplomatique intense. En novembre, Phnom Penh accueillera le XIXᵉ Sommet de la Francophonie, auquel participera le président français Emmanuel Macron. Avant ce rendez-vous, le nouveau Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, Tom Andrews, est en mission dans le royaume. Son premier rapport est attendu en octobre.
Cette visite marque la première étape d’une séquence qui placera le Cambodge sous le regard de nombreux partenaires internationaux. Si la mission de l’ONU et le Sommet de la Francophonie relèvent de deux cadres distincts, leur proximité dans le calendrier leur donne une résonance particulière.
Une première prise de contact
Nommé cette année Rapporteur spécial des Nations unies pour le Cambodge, Tom Andrews effectue sa première mission officielle dans le royaume.
L’ONU lui a confié une feuille de route large. Il doit examiner la liberté d’expression, la liberté d’association, les droits des groupes vulnérables, la lutte contre la traite des êtres humains et les conséquences humanitaires du récent conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande. Son rapport sera présenté en octobre devant le Conseil des droits de l’homme.
Hun Sen défend le bilan du royaume
Le 22 juillet, le président du Sénat Hun Sen a reçu Tom Andrews à Phnom Penh. Le dirigeant cambodgien a présenté au rapporteur la position de son gouvernement sur les droits de l’homme. Il a mis en avant les progrès accomplis par le royaume et a rappelé que, selon les autorités, la paix et la stabilité restent le socle des autres libertés. Il a également affirmé que la liberté d’expression s’exerce dans le respect de la Constitution et des lois cambodgiennes.
Les deux hommes ont évoqué le conflit frontalier avec la Thaïlande. Tom Andrews a confirmé son intention de se rendre dans les zones touchées. D’après le compte rendu officiel de la rencontre, il a qualifié cet échange de « signal positif » et a souligné qu’il n’avait jamais rencontré les plus hautes autorités lorsqu’il exerçait le même mandat en Birmanie.
L’opposition veut faire entendre sa voix
Le Khmer Movement for Democracy (KMD) voit dans cette mission une occasion de porter ses préoccupations devant les Nations unies. Dans un communiqué, le mouvement appelle Tom Andrews à examiner la situation des prisonniers politiques, la liberté d’expression, le rôle de la société civile et la mise en œuvre des recommandations formulées par les précédents rapporteurs de l’ONU.
Ces demandes reflètent la position du KMD. Elles ne préjugent pas des conclusions que présentera le rapporteur en octobre.
Le rapport de Tom Andrews est attendu en octobre. Il ouvrira un automne diplomatique particulièrement dense pour le Cambodge, avant l’accueil du XIXᵉ Sommet de la Francophonie en novembre.
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