
Les autorités cambodgiennes ont expulsé 156 ressortissants chinois accusés d’avoir séjourné et travaillé illégalement dans le pays dans le cadre d’activités liées aux escroqueries en ligne.
Selon la Direction générale de l’immigration, les personnes concernées ont quitté le Cambodge le 10 juin à bord d’un vol spécial au départ de l’aéroport international Techo. Cette opération s’inscrit dans la campagne menée par le gouvernement contre les réseaux de cybercriminalité qui se sont développés ces dernières années dans le royaume.
Les autorités assurent renforcer les mesures visant les étrangers impliqués dans les fraudes en ligne, avec pour objectif de lutter contre la criminalité transfrontalière et de protéger la population.
Les chiffres avancés par Phnom Penh témoignent de l’ampleur du phénomène. Entre janvier 2025 et avril 2026, plus de 13 000 étrangers ont été expulsés pour des faits liés aux escroqueries en ligne. Les autorités affirment également que plus de 240 000 personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces activités ont quitté le pays de leur propre initiative au cours de la même période.
Depuis plusieurs années, le Cambodge est régulièrement cité parmi les principaux centres régionaux d’escroqueries en ligne. Ces réseaux, souvent installés dans des complexes fermés, ciblent des victimes à travers le monde au moyen de fausses plateformes d’investissement, d’arnaques sentimentales ou de fraudes financières sophistiquées.
Amnesty International met en doute l’efficacité de la répression
Cette nouvelle expulsion intervient quelques jours après la publication d’un rapport critique d’Amnesty International. L’organisation de défense des droits humains estime que, malgré les opérations de police annoncées par les autorités, de nombreux centres d’escroquerie continuent de fonctionner au Cambodge.
Selon Amnesty, 86 sites liés à ces activités étaient encore recensés dans le pays en avril 2026, dont 33 nouvellement identifiés. L’organisation affirme également avoir recueilli des témoignages faisant état de traite d’êtres humains, de travail forcé, de violences et de détentions illégales au sein de certains complexes utilisés par les réseaux criminels.
Amnesty International évoque aussi de possibles complicités locales qui permettraient à certaines organisations de poursuivre leurs activités malgré les campagnes de répression.
Le gouvernement cambodgien n’a pas encore réagi publiquement à ces nouvelles accusations. Par le passé, les autorités ont toutefois rejeté des critiques similaires et assuré poursuivre leurs efforts pour démanteler les réseaux d’escroquerie opérant sur le territoire national.
Au-delà des expulsions annoncées, la lutte contre les centres de cybercriminalité reste l’un des principaux défis sécuritaires et d’image auxquels le Cambodge est aujourd’hui confronté.
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