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CHINE – ÉCONOMIE : Pékin mise sur les « Six Networks » pour trouver un nouveau moteur de croissance

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 02/09/2026
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Après des décennies portées par l’immobilier et les grands travaux, la Chine cherche de nouveaux moteurs d’investissement. Pékin mise désormais sur six grands réseaux allant de l’électricité aux centres de calcul. Selon BofA Global Research, quelque 25 000 milliards de yuans, soit autour de 3 000 milliards d’euros, pourraient y être investis d’ici 2030. Un basculement qui accompagne les ambitions chinoises dans l’intelligence artificielle.

 

Le chiffre résume l’ampleur du problème : sur les sept premiers mois de 2026, les investissements en actifs fixes ont reculé de 6,7 % sur un an en Chine. L’investissement manufacturier a diminué de 1,7 %, tandis que les infrastructures traditionnelles ont également marqué le pas.

 

Derrière ce ralentissement se trouve notamment l’essoufflement du modèle qui a alimenté la croissance chinoise pendant plusieurs décennies : immobilier, construction et grands projets financés par des collectivités locales largement dépendantes des revenus tirés de la vente de terrains.

 

La Chine cherche désormais un relais.

 

Six réseaux pour préparer l’après-immobilier

 

Cette nouvelle stratégie repose en partie sur les « Six Networks », six grands réseaux d’infrastructures prioritaires pendant le 15e plan quinquennal, qui couvre la période 2026-2030.

 

Ils concernent l’eau, les nouveaux réseaux électriques, la puissance de calcul, les télécommunications de nouvelle génération, les canalisations urbaines souterraines et la logistique.

 

Selon BofA Global Research, les investissements correspondants pourraient atteindre environ 25 000 milliards de yuans d’ici 2030, soit autour de 3 000 milliards d’euros. Ce montant n’est pas une enveloppe budgétaire annoncée par Pékin : il s’agit d’une estimation de la banque américaine établie à partir des projets et annonces disponibles.

 

L’eau représenterait la première enveloppe, avec 6 500 milliards de yuans, devant les nouveaux réseaux électriques, à 5 500 milliards. Mais l’un des chiffres les plus révélateurs concerne la puissance de calcul : 4 000 milliards de yuans pourraient être consacrés aux infrastructures nécessaires notamment aux centres de données et au développement de l’intelligence artificielle.

 

Du béton aux données

 

Plus que le montant, c’est donc la nature des investissements qui change. L’ancien modèle chinois reposait largement sur la construction immobilière, les infrastructures lourdes et l’endettement des collectivités locales. La crise immobilière, la chute des ventes de terrains et le poids de leur dette ont considérablement affaibli ce système.

 

Le nouveau modèle doit davantage s’appuyer sur les banques publiques, les grandes entreprises d’État et les obligations publiques. Surtout, une part croissante des capitaux doit aller vers l’électricité, les réseaux numériques, les centres de données et les télécommunications.

 

L’intelligence artificielle apparaît en toile de fond de cette transformation. Un centre de données nécessite non seulement des capacités de calcul, mais aussi énormément d’électricité et des réseaux de télécommunications performants. Les investissements dans ces différents secteurs deviennent donc étroitement liés.

 

Un premier basculement apparaît déjà dans les statistiques : alors que l’investissement chinois recule globalement, les dépenses consacrées aux infrastructures de transmission de l’information ont progressé de 26 % sur un an entre janvier et juillet 2026.

 

L’IA peut-elle remplacer l’immobilier ?

 

Il serait toutefois prématuré d’annoncer la naissance d’un nouveau miracle économique chinois. BofA reconnaît elle-même que les investissements liés à l’intelligence artificielle et aux nouvelles infrastructures restent, à court terme, insuffisants pour compenser entièrement le recul de l’immobilier.

 

C’est donc moins un remplacement immédiat qu’une transition que Pékin tente d’organiser. La Chine veut progressivement passer d’une croissance nourrie par la construction et le foncier à un modèle où l’énergie, les données et les technologies avancées occupent une place beaucoup plus importante.

 

La réussite des « Six Networks » ne se mesurera donc pas seulement aux milliards de yuans investis. Elle dépendra surtout de leur capacité à générer de nouveaux gains de productivité et de nouvelles activités.

 

Pour la Chine, le défi est désormais clair : transformer une montagne d’investissements dans les réseaux du futur en un moteur de croissance suffisamment puissant pour prendre, au moins en partie, le relais de l’immobilier.

 

Gaston Baht

 

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