
Chaque semaine, Richard Werly, conseiller éditorial de Gavroche et correspondant international reconnu, livre son regard sur la France dans les colonnes du média suisse Blick.
Nous vous proposons ci-dessous son dernier éditorial. Pour découvrir l’intégralité de sa newsletter, Republick, cliquez ici.
Vous devez en avoir un peu marre. A chaque nouvelle livraison de Républick, la newsletter helvétique supposée bousculer la France, je remets une pièce dans la machine présidentielle. Je vous ai successivement parlé d’Édouard Philippe, alias « Doudou le vacancier », de Marine Le Pen, alias « Allô Jordan, t’es où ? », de François Hollande, surnommé «trou de souris», avec son ex-compagne Ségolène Royal… Ras-le-bol déjà ? Eh bien, tant pis pour vous. J’y retourne. Avec le scénario redouté par tous ceux qui espèrent recevoir l’onction d’Emmanuel Macron sans assumer son bilan: une possible candidature présidentielle de Jean Castex.
Je vous résume. Premier ministre du 3 juillet 2020 au 16 mai 2022, ce haut fonctionnaire pyrénéen, homme de droite assumé qui servit Nicolas Sarkozy à l’Élysée, est paraît-il le successeur dont rêve le président de la République sortant, alias « Adieu Jupiter ». Une allure de négociateur de cessez-le-feu au milieu des incendiaires. Une fine connaissance des dossiers et de la mécanique administrative et budgétaire. Un accent de berger qui lui permet de dire «non» en chantonnant. Une relation apaisée avec Macron, qu’il a décidé de quitter après sa réélection. Un faux air de Jacques Chirac, François Hollande et Georges Pompidou. Tout ça passé au mixeur des deux fonctions qu’il a occupées depuis son départ de l’Hôtel Matignon : patron des transports parisiens (RATP), puis de la SNCF, où le baby-sitting des syndicats occupe une bonne partie de son temps.
Castex à l’Élysée ? Il faudrait bien sûr les 500 parrainages d’élus, mais cet ancien maire de Prades (Pyrénées-Orientales) les obtiendra sans coup férir. Puis le programme s’imposera de lui-même, puisque la République n’a pas d’autre horizon que de rassurer ses voisins et de sortir du pétrin de la dette. Alors, sérieux ? Ceux qui m’en ont parlé m’ont soufflé un slogan : « La France sur de bons rails. » D’autres, plus taquins, m’ont répété cette boutade ferroviaire bien connue en Suisse : la France est un passager muni d’un billet de seconde classe qui croit encore pouvoir voyager en première.
Qui veut monter dans le train ?
Bonne lecture, en locomotive !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
Rejoignez les plus de 13 000 lecteurs qui reçoivent chaque semaine Gavroche Hebdo. Pour ne rien manquer de l’actualité de la Thaïlande et de l’Asie du Sud-Est, inscrivez-vous en cliquant ici








