
Première économie d’Asie du Sud-Est, l’Indonésie aborde le second semestre 2026 avec plusieurs signes de fragilité. Le ralentissement de la croissance, la progression de l’emploi informel et la détérioration des comptes extérieurs pourraient continuer à peser sur l’activité au cours des prochains mois, selon une analyse de BofA Securities, la branche de marchés et de recherche financière de Bank of America.
Les dernières données sur le produit intérieur brut et le marché du travail montrent que l’économie a terminé le deuxième trimestre sur une trajectoire moins solide. Les chiffres du commerce extérieur font parallèlement apparaître un creusement important du déficit du compte courant.
Un déficit courant qui pourrait atteindre 3 % du PIB
Selon les analystes de BofA Securities, le déficit courant pourrait avoir atteint 3 % du PIB au deuxième trimestre, notamment en raison du niveau élevé des importations de pétrole.
Le compte courant mesure, schématiquement, la différence entre les flux financiers qu’un pays reçoit et ceux qu’il verse à l’étranger au titre notamment des échanges de biens, de services et de revenus. Un déficit signifie que les sorties sont supérieures aux entrées.
Pour l’Indonésie, l’ampleur du déficit attendu au deuxième trimestre retient particulièrement l’attention. BofA Securities estime qu’il devrait rester supérieur aux niveaux habituellement observés au cours du second semestre.
La baisse des prix mondiaux de l’énergie apporte néanmoins un certain répit en réduisant une partie de la facture des importations.
Une croissance moins soutenue
BofA Securities prévoit également une nouvelle modération de la croissance au cours des six derniers mois de 2026, à mesure que le soutien budgétaire à l’économie s’atténue.
Le marché du travail constitue un autre signal de fragilité. La progression de l’emploi informel signifie qu’une part croissante de l’activité repose sur des emplois généralement moins protégés que les emplois salariés formels.
Cette évolution intervient alors que l’économie indonésienne montre déjà des signes de ralentissement à la sortie du deuxième trimestre.
Un second semestre sous surveillance
L’Indonésie devrait ainsi affronter au second semestre une combinaison moins favorable : une activité économique en ralentissement, un marché du travail moins solide et un déficit courant plus important qu’à l’accoutumée.
La baisse des cours internationaux de l’énergie pourrait atténuer une partie de ces pressions, mais les analystes de Bank of America estiment que les difficultés macroéconomiques devraient persister jusqu’à la fin de l’année.
Gaston Baht
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