
Le président indonésien Prabowo Subianto a présenté, mercredi 20 mai, un plan destiné à centraliser les exportations des principales matières premières du pays, notamment le charbon et l’huile de palme, avec pour objectif d’accroître les recettes publiques et de renforcer le contrôle de l’État sur les volumes de vente ainsi que sur les mécanismes de fixation des prix.
Cette décision intervient alors que l’Indonésie subit une pression budgétaire croissante liée aux perturbations provoquées par la fermeture du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite une part majeure des exportations mondiales d’hydrocarbures. Lors de son discours, Prabowo Subianto a souligné « l’impact et l’influence considérables » des conflits en Ukraine et en Iran sur les finances publiques et la stabilité économique du pays.
L’Indonésie est le premier exportateur mondial de charbon et d’huile de palme, ainsi que le principal producteur de nickel, composant essentiel des batteries électriques. Plus de la moitié des importations chinoises de charbon proviennent d’Indonésie.
Selon le président indonésien, cette réforme vise notamment à lutter contre certaines pratiques, telles que la sous-facturation des exportations, qui réduisent les recettes fiscales et faussent les statistiques commerciales. Dans les prochains mois, les exportations de plusieurs matières premières — charbon, nickel, et potentiellement bauxite, cuivre et étain — seront progressivement placées sous le contrôle d’une entreprise publique supervisée par le fonds souverain Danantara. Cette structure deviendrait alors l’unique entité autorisée à exporter ces ressources.
Bien que l’Indonésie soit un important exportateur d’hydrocarbures, le pays demeure importateur net de pétrole. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix du pétrole ont fortement augmenté, accentuant les tensions sur les finances publiques.
Le déficit budgétaire, plafonné par la loi à 3 % du PIB, atteignait déjà 2,92 % l’an dernier. Selon les estimations officielles, chaque hausse d’un dollar du prix du baril pourrait creuser le déficit de 6 700 milliards de roupies, soit près de 330 millions d’euros.
Depuis le début du conflit en Iran, le gouvernement indonésien a progressivement adopté plusieurs mesures destinées à contenir la consommation d’énergie et à atténuer les effets de la hausse des prix sur les ménages et les entreprises.
Les autorités cherchent notamment à accélérer la transition vers les biocarburants et ont instauré une journée hebdomadaire de télétravail pour les fonctionnaires afin de réduire la consommation énergétique. Parallèlement, Prabowo Subianto souhaite déployer d’ici l’été la norme B50, un carburant contenant 50 % de biodiesel produit notamment à partir d’huile de palme, dont l’Indonésie est l’un des principaux producteurs mondiaux.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici.










