
Ils se faisaient passer pour des policiers thaïlandais afin de gagner la confiance de leurs victimes. Vingt-quatre ressortissants thaïlandais soupçonnés d’appartenir à un réseau d’escroqueries téléphoniques (« call centers ») ont été rapatriés du Laos le 30 juin, après leur arrestation dans la province de Bokeo, au nord-ouest du pays.
Les photographies diffusées par les autorités laotiennes montrent plusieurs suspects vêtus de faux uniformes de la police thaïlandaise. Les insignes avaient été imprimés sur de simples feuilles de papier puis fixés sur les vêtements, tandis que toutes les plaques nominatives portaient le même nom, illustrant le caractère rudimentaire de cette mise en scène.
Le groupe, composé de 15 hommes et 9 femmes âgés de 19 à 41 ans, a été remis aux autorités thaïlandaises au quatrième pont de l’amitié Thaïlande-Laos, dans la province de Chiang Rai.
Le stratagème des faux policiers
Cette usurpation d’identité constitue l’une des méthodes privilégiées des réseaux de cyberescroquerie installés dans les pays voisins de la Thaïlande. En se présentant comme des policiers, des procureurs ou des agents d’administrations publiques, les escrocs cherchent à convaincre leurs interlocuteurs qu’ils sont impliqués dans une affaire judiciaire ou financière, avant de les pousser à transférer de l’argent sur des comptes contrôlés par les organisations criminelles.
Selon la police thaïlandaise, deux des personnes rapatriées faisaient déjà l’objet de mandats d’arrêt pour escroquerie et infractions à la loi sur la criminalité informatique.
Les autorités laotiennes ont également remis aux enquêteurs onze téléphones portables, quatre ordinateurs portables et vingt passeports, qui pourraient permettre de remonter les filières de ces réseaux.
Victimes ou complices ?
À leur retour en Thaïlande, les 24 suspects seront entendus dans le cadre du National Referral Mechanism (NRM), le dispositif mis en place par Bangkok pour distinguer les personnes recrutées ou retenues contre leur gré de celles ayant participé volontairement aux activités criminelles.
Les personnes reconnues comme victimes de traite bénéficieront d’une protection spécifique, tandis que celles dont l’implication dans les escroqueries sera établie devront répondre de leurs actes devant la justice.
Une coopération régionale qui s’intensifie
Cette nouvelle opération s’inscrit dans la vaste campagne menée depuis plusieurs mois par les pays d’Asie du Sud-Est contre les centres de cyberescroquerie installés le long des frontières du Laos, de la Birmanie et du Cambodge.
Pour les autorités thaïlandaises, l’objectif est désormais double : démanteler les organisations criminelles qui orchestrent ces escroqueries transnationales et identifier, parmi les personnes interpellées, celles qui ont été attirées par de fausses offres d’emploi avant d’être exploitées par ces réseaux.
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