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THAÏLANDE – CHINE : Pékin réclame l’extradition d’un journaliste

Date de publication : 17/07/2026
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La visite officielle du Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul en Chine, du 16 au 20 juillet, s’ouvre sur fond de polémique. Plusieurs organisations de défense des droits humains accusent Bangkok de céder aux pressions de Pékin après une demande d’extradition visant un journaliste d’investigation chinois et l’expulsion présumée d’un dissident quelques jours avant le déplacement du chef du gouvernement.

 

Un journaliste réfugié dans le viseur de Pékin

 

La Chine a officiellement demandé à la Thaïlande le « retour rapide » de Bai Zhaodong, ancien journaliste d’investigation reconnu réfugié par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

 

Pékin affirme qu’il est recherché pour des faits d’extorsion et de corruption. Reporters sans frontières (RSF) et Safeguard Defenders contestent cette version et estiment que les poursuites sont liées aux enquêtes de Bai Zhaodong sur des affaires de corruption impliquant des responsables du Parti communiste chinois.

 

Détenu depuis janvier au centre de rétention pour migrants de Suan Phlu, à Bangkok, il risque, selon ces organisations, d’être victime de persécutions politiques, de détention arbitraire et de torture s’il était renvoyé en Chine.

 

Une expulsion qui inquiète les défenseurs des droits humains

 

L’inquiétude des ONG s’est renforcée après les déclarations de Human Rights Watch (HRW), selon lesquelles le dissident chinois Tan Yixiang, militant catholique engagé en faveur des droits des Tibétains et des Ouïghours, aurait été expulsé de Thaïlande vers la Chine aux alentours des 11 et 12 juillet.

 

Cette information n’a, à ce stade, été confirmée ni par les autorités thaïlandaises ni par le gouvernement chinois.

 

HRW affirme également que trois autres réfugiés chinois reconnus par le HCR, dont Bai Zhaodong et la militante Zhang Xinyan, restent exposés à une possible expulsion. Cette dernière avait été empêchée, le 8 juillet, d’embarquer pour le Canada malgré un programme de réinstallation approuvé par Ottawa. Ses avocats contestent désormais la légalité de son maintien en détention.

 

Une visite officielle sous tension

 

Cette affaire intervient alors qu’Anutin Charnvirakul effectue sa première visite officielle en Chine en tant que Premier ministre. Avant son départ, il avait indiqué que ses entretiens avec les dirigeants chinois porteraient notamment sur la coopération sécuritaire, la lutte contre la corruption et la criminalité transnationale.

 

Human Rights Watch accuse toutefois les gouvernements thaïlandais successifs de privilégier leurs relations avec Pékin au détriment de leurs engagements internationaux. L’organisation rappelle que la Thaïlande est tenue de respecter le principe de non-refoulement, qui interdit de renvoyer une personne vers un pays où elle risque d’être persécutée, torturée ou victime d’autres violations graves des droits humains.

 

Les ONG appellent Bangkok à permettre aux réfugiés concernés de rejoindre les pays prêts à les accueillir plutôt que de les renvoyer en Chine. Cette affaire pourrait ainsi jeter une ombre sur une visite destinée, à l’origine, à renforcer la coopération entre Bangkok et Pékin dans les domaines économique, technologique et sécuritaire.

 

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