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THAÏLANDE – CHRONIQUE : Jour de mousson, jour de…

Journaliste : Patrick Chesneau Date de publication : 22/06/2026
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orages Thailande

 

Une chronique de Patrick Chesneau

 

Nombreux sont les touristes à s’enquérir de leur confort climatique lorsqu’ils séjourneront en Thaïlande. En particulier ceux qui prévoient de voyager en pleine saison humide, très humide. C’est le cas actuellement.

 

Une préoccupation est régulièrement exprimée : Que faire en cas de pluies diluviennes, sans interruption pendant plusieurs jours ?

 

Il arrive effectivement que la mousson limite les ardeurs du soleil et encombre les cieux de nuages en forme d’arrosoir géant. Commençons par dire que nombreux sont les sites et les guides très performants à répertorier les lieux à visiter et les activités à programmer, quels que soient les caprices de la météo au pays du sourire.

 

Ce qui, en revanche, n’est jamais précisé, c’est que cela requiert un état d’esprit en constante adaptation. Au gré des circonstances. On compte les gouttes de pluie. On apprend à zigzaguer entre les ondées sans se mouiller. La saison idéale pour ça, c’est la mousson. On se marre dans les mares.

 

On passe du temps dans l’étang. Celui d’à côté, formé en quelques heures à peine, où il est si facile de jouer aux canards. À prendre ses aises dans un coin-coin loisir.

 

Attention toutefois. Les averses ont tôt fait de devenir déluge. Après les hectolitres déversés sans répit, d’impressionnantes cataractes continuent de s’abattre sur des sols naturellement spongieux. Climatologie tropicale. Tant de trombes d’eau. Ça inonde tellement que la cote d’alerte est rapidement dépassée. Routes engorgées. Inondations en rapide extension. Aucune digue improvisée ne résiste dans la durée.

 

Comment réagir en cas de scénario de crue ?

 

Le problème est généralement d’une magistrale ampleur. Même parmi les plus insouciants, personne ne s’en lave les mains. Des fois, on se fait attraper par une météo exagérément détrempée. Coincé par l’enfilade ininterrompue des intempéries. Impossible d’en réchapper. Plus rien n’est sec.

 

Forcément, on est tout trempé. Humecté de la tête aux pieds. Quand on est éclaboussé, on est facilement dégoûté. Avec un t. Il convient, au demeurant, de pondérer. Certes, le moral des vacanciers peut être touché, mais rarement coulé.

 

Alors, on ouvre le robinet des solutions improvisées. On se jette dans des discours-fleuves. Entraîné par des flots de paroles. Moments impétueux au milieu de courants de pensée contraires. On devise sur la meilleure façon de sécher.

 

Si l’émotion déborde, le cœur réagit au quart de tour. Passe en mode marée montante pour embrasser le plus large éventail des sensations contrastées. Rien n’interdit de positiver. Ceux qui ont loupé Songkran ont droit à une séance de rattrapage. On peut s’esclaffer en s’aspergeant. Impromptue, la joie dégouline.

 

Chaque larme de cette ablution sanctifiée par Bouddha recèle le goût du bonheur.

 

Patrick Chesneau

 

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2 Commentaires

  1. La mousson est un phénomène total dont la pluie est un élément certes central ; pas de mousson sans pluie. La mousson, c’est un ciel, des ciels, des orages, le vent. Le vent qui, d’abord caressant, zéphyr, puis violent et devenant tornade. C’est des pluies dont les gouttes et l’intensité sont variables et instantanément changeantes. Une pluie que la poésie qualifie différemment et précisément dans ses mille nuances (petite pluie, longue pluie, etc.). La mousson, c’est une intensité, une force de la lumière, des nuances subtiles de gris jusqu’au noir. La mousson, c’est le bruit subtil et assourdissant sur l’asphalte et le crépitement sur les feuilles du bananier. La mousson, c’est le bonheur des animaux mêlé à celui des humains, c’est le chœur de libération de toutes les races batraciennes réunies mêlé à celui du paysan de la rizière comme à celui du citadin exténué de chaleur. C’est le retour du même, le cycle des existences et des retours espérés qui enfin arrivent, des rencontres attendues et craintes, le sentiment de l’éternel immuable. C’est la rencontre avec le ciel et les dieux dont tout le vivant dépend. La mousson, c’est la vie, c’est aussi les crues fatales…

    (Sur le sujet, le grand classique de Louis Bromfield, La Mousson, publié en 1937, mais en Inde britannique, et Sudden Shower over Shin-Ōhashi Bridge and Atake par Hiroshige (1857) et, d’après Hiroshige, The Bridge in the Rain par Vincent van Gogh (1887).)

    • Merci cher lecteur pour votre mot sur la mousson. Les chroniques de Patrick Chesneau témoignent d’une fine connaissance de la Thaïlande. Votre commentaire aussi. enchantés d’avoir de tels auteurs et lecteurs ! la rédaction

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