Home Opinions et débats Chroniques THAÏLANDE – CHRONIQUE : Non, la Thaïlande n’était pas mieux avant…

THAÏLANDE – CHRONIQUE : Non, la Thaïlande n’était pas mieux avant…

Journaliste : Patrick Chesneau Date de publication : 30/08/2026
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Une chronique siamoise et sociétale de Patrick Chesneau

 

C’est une récrimination que l’on entend régulièrement. Généralement peu étayée, la réflexion indique malgré tout une franche déception. Elle traduit même un certain désamour.

 

Cette récrimination? « La Thaïlande n’est plus tout à fait la même… En 1987, date de mon premier voyage, c’était mieux. »

 

Question : ce dépit est-il fondé ? Que répondre en mode express ?

 

Pour ma part, ex abrupto, je dirais ceci.

 

Une beauté qui demeure intacte

 

Je connais des régions entières de Thaïlande qui ne sont absolument pas dégradées. Ni dénaturées.

 

Naturellement, il convient de faire le tri entre le bon grain et l’ivraie dans la nomenclature des 76 provinces, Bangkok étant, au surplus, une entité administrative autonome.

 

La beauté des territoires nichés entre Mékong et mer d’Andaman est intacte. Cette somme de magnificence nourrit la capacité d’émotion esthétique que l’on trimballe avec soi au hasard de délectables tribulations.

 

Une identité profondément préservée

 

Autre registre : la culture, les traditions et la mentalité collective sont étonnamment préservées. Le mode de vie a certes intégré, et c’est heureux, les exigences de la modernité, mais sans pervertir le substrat identitaire.

 

Les rites, rituels, croyances et cérémonies déterminés par le bouddhisme sont extraordinairement vivaces. Ils irriguent toute la société et imprègnent la vie quotidienne du peuple thaï.

 

Tolérance, respect, hospitalité, altruisme sont toujours, autant qu’avant, des valeurs constitutives de la thainess.

 

La notion d’individualisme a, à l’évidence, gagné du terrain — la crise du Covid, trois années durant, est passée par là —, mais sans annihiler le puissant code moral perpétuellement mis à jour sous les auspices de la monarchie. Il relie entre eux les 70 millions de Thaïs.

 

Quand on est étranger, cette Thaïlande des fondements se mérite. Auquel cas, le pays du sourire reste immuable. Ce sourire à la réputation légendaire reste en libre accès, à condition que le rapport entretenu avec la population locale soit fondé sur un respect intégral.

 

Le surtourisme, miroir déformant

 

Le constat désenchanté dressé par certains nostalgiques de temps révolus vaut essentiellement pour les zones de surtourisme.

 

Et c’est très bien comme ça. Que les visiteurs internationaux continuent de s’agglutiner dans deux ou trois enclaves. Cela épargne le reste du pays.

 

Les hordes de « Bidochons » sont généralement l’une des causes principales de l’altération des mœurs et des pratiques héritées d’une histoire séculaire. Elles contribuent à dévoyer plutôt qu’à conforter ce qui est authentique dans ce Royaume de Siam.

 

D’autant qu’elles s’encombrent rarement de la volonté de s’insinuer dans les méandres de l’Orient mystérieux. Le farniente et quelques plaisirs délétères accaparent leur énergie.

 

Changer sans perdre son identité

 

Par ailleurs, il n’y a aucune partie du monde qui n’ait évolué un tant soit peu depuis 1987. La Thaïlande a souvent su s’adapter aux exigences d’une technologie conquérante avec une facilité stupéfiante, tout en restant profondément intègre.

 

Comparativement aux pays environnants, c’est même l’une de ses caractéristiques : la permanence de son identité originelle.

 

Patrick Chesneau

 

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