
Un changement de ton notable. Le 22 avril 2026, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères thaïlandais, Sihasak Phuangketkeow, s’est rendu à Naypyidaw pour rencontrer le président birman Min Aung Hlaing, dans le cadre d’une visite officielle.
Cette rencontre marque une évolution dans la posture thaïlandaise vis-à-vis de la Birmanie. Jusqu’ici, Bangkok privilégiait une approche discrète, alignée sur le consensus en cinq points de l’ASEAN. Désormais, le dialogue bilatéral s’affiche plus ouvertement.
Coopérations renforcées
À l’issue de l’entretien, les deux parties ont convenu de renforcer leur coopération dans plusieurs domaines stratégiques : sécurité frontalière, commerce transfrontalier, investissements, sécurité énergétique et développement.
Les discussions ont également porté sur des enjeux sensibles qui affectent directement les deux pays. Bangkok et Naypyidaw entendent intensifier leurs efforts communs contre le trafic de drogue, les arnaques en ligne, la pollution transfrontalière, notamment les fumées, ainsi que la pollution des cours d’eau.
Une position thaïlandaise qui évolue
En réaffirmant son rôle de “pont” entre la Birmanie et l’ASEAN, la Thaïlande cherche à se positionner comme un acteur clé du dialogue régional. Le ministre thaïlandais a également exprimé le soutien de Bangkok à une paix durable en Birmanie.
Cette prise de position, plus directe qu’auparavant, intervient dans un contexte où la crise birmane s’enlise. Elle traduit une volonté de la Thaïlande de peser davantage sur les dynamiques régionales, tout en protégeant ses intérêts sécuritaires et économiques à la frontière.
Reste à savoir comment ce repositionnement sera perçu par les autres membres de l’ASEAN, attachés à une ligne commune, et par les partenaires internationaux.
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