
L’enquête sur l’hôtesse de Thai Airways arrêtée en Australie avec de l’héroïne franchit une nouvelle étape. Les autorités thaïlandaises affirment désormais avoir identifié un lien avec un réseau de trafic opérant depuis l’État Shan, dans l’est de la Birmanie.
L’Office thaïlandais de contrôle des stupéfiants (ONCB) a annoncé que la femme connue sous le pseudonyme de « Rose Rose », recherchée dans cette affaire, est la belle-fille du colonel Chit Lor Bo, une personnalité de l’État Shan que les autorités thaïlandaises associent depuis plusieurs années au trafic transfrontalier d’héroïne.
Les autorités cherchent désormais à obtenir son extradition depuis la Birmanie.
Une enquête qui change d’échelle
Comme Gavroche l’avait déjà rapporté, l’affaire débute avec l’arrestation, le 25 juin, d’une hôtesse de Thai Airways à l’aéroport de Melbourne. Les autorités australiennes découvrent alors deux kilogrammes d’héroïne dissimulés dans des sacs ornés de motifs d’éléphants.
Selon les enquêteurs, Chantra utilisait un compte Facebook sous le nom de « Rose Rose ». Les autorités estiment que ce profil lui a servi à entrer en contact avec l’hôtesse de Thai Airways avant son voyage vers l’Australie.
Les autorités n’ont toutefois pas encore établi si cette dernière transportait la drogue en connaissance de cause ou si elle a été manipulée par le réseau. Elle reste détenue en Australie dans l’attente de son procès, prévu le 14 septembre.
L’État Shan, un foyer historique des trafics
Au fil des investigations, les enquêteurs estiment avoir mis au jour un réseau reliant la Birmanie à l’Australie.
Situé dans l’est de la Birmanie, l’État Shan fait partie du Triangle d’Or, une région frontalière connue depuis des décennies pour les activités des organisations criminelles liées au trafic de stupéfiants. Si cette zone a longtemps été associée à la production d’opium et d’héroïne, elle est aujourd’hui également devenue l’un des principaux centres de fabrication et de trafic de drogues de synthèse, notamment de méthamphétamine, destinées aux marchés asiatiques et internationaux.
Selon les autorités thaïlandaises, le réseau démantelé recrutait des personnels navigants et d’autres voyageurs internationaux afin d’acheminer l’héroïne vers l’étranger.
Le Département des enquêtes spéciales (DSI) a repris le dossier dans le cadre d’une enquête spéciale, tandis que plusieurs suspects ont déjà été arrêtés en Thaïlande.
Une coopération régionale essentielle
L’affaire mobilise désormais plusieurs pays. Les autorités thaïlandaises poursuivent leurs échanges de renseignements avec leurs homologues australiens afin d’identifier l’ensemble des membres présumés du réseau.
En parallèle, Bangkok tente d’obtenir l’extradition de Chantra depuis la Birmanie. Cette procédure pourrait toutefois s’avérer complexe, la Thaïlande et la Birmanie ne disposant pas d’un traité bilatéral d’entraide judiciaire en matière pénale.
Au-delà du destin de l’hôtesse de Thai Airways, cette affaire illustre les difficultés rencontrées par les autorités face à des organisations criminelles transnationales, capables de recruter des passeurs dans plusieurs pays et d’opérer bien au-delà des zones de production. Elle rappelle également que, si le Triangle d’Or reste un repère géographique connu, les réseaux qui y sont implantés ont profondément évolué et s’appuient désormais sur des filières internationales et des méthodes de recrutement de plus en plus sophistiquées.
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