Accueil À la une THAÏLANDE – JUSTICE : À Khao San Road, des fonctionnaires soupçonnés de protéger un réseau de trafic d’enfants

THAÏLANDE – JUSTICE : À Khao San Road, des fonctionnaires soupçonnés de protéger un réseau de trafic d’enfants

Date de publication : 17/10/2026

khao san road

 

L’affaire des enfants birmans exploités dans les rues touristiques de Bangkok prend une nouvelle dimension. Vendredi 16 octobre, le ministère thaïlandais de l’Intérieur a révélé des éléments suggérant que des agents publics auraient aidé le réseau à échapper aux contrôles.

 

L’enquête sur le réseau présumé de traite d’êtres humains démantelé le 13 octobre dans le quartier de Ramkhamhaeng, à Bangkok, révèle de nouvelles ramifications. Le vice-ministre de l’Intérieur, Worasit Liangprasit, a annoncé vendredi 16 octobre la découverte d’échanges sur l’application LINE laissant apparaître une possible complicité de fonctionnaires.

 

Selon les enquêteurs, certains agents publics auraient communiqué à l’avance les dates et horaires des inspections prévues dans le quartier touristique de Khao San Road. Ces avertissements auraient permis aux suspects d’éloigner les enfants contraints de vendre des fleurs, des guirlandes et des boissons avant l’arrivée des équipes de contrôle.

 

Des victimes en fuite auraient été localisées

 

Les investigations ont également mis au jour des éléments particulièrement préoccupants. Des informations de localisation obtenues à partir de signaux téléphoniques auraient été transmises aux membres du réseau pour les aider à retrouver des victimes qui avaient réussi à s’échapper.

 

Selon le ministère de l’Intérieur, ces renseignements auraient permis aux exploiteurs présumés de reprendre le contrôle de certaines victimes et de les soumettre à nouveau à des violences et au travail forcé.

 

Cette révélation intervient trois jours après une opération menée par les unités spéciales du Département de l’administration provinciale. Les autorités avaient alors démantelé un réseau soupçonné de faire venir de jeunes ressortissants birmans par la frontière de Mae Sot, avant de les contraindre à travailler jusque tard dans la nuit dans les quartiers touristiques de Bangkok.

 

Les témoignages recueillis font état de violences physiques, de menaces et de mauvais traitements. Huit victimes, dont plusieurs enfants, bénéficient désormais d’une prise en charge par les services sociaux thaïlandais.

 

Le ministère promet des sanctions

 

Face à ces révélations, Worasit Liangprasit a ordonné l’élargissement des investigations. Le ministère de l’Intérieur entend notamment travailler avec la Commission de lutte contre la corruption dans le secteur public (PACC) afin d’identifier les agents éventuellement impliqués.

 

Les enquêteurs doivent également vérifier l’origine des documents d’identité utilisés pour faire circuler les victimes entre la frontière birmane et Bangkok. À ce stade, aucune identité de fonctionnaire suspecté n’a été officiellement rendue publique et aucune responsabilité pénale individuelle n’a été établie.

 

L’affaire soulève néanmoins une question embarrassante pour les autorités thaïlandaises : comment un réseau soupçonné d’exploiter des enfants a-t-il pu opérer dans l’un des quartiers les plus fréquentés de la capitale, malgré les contrôles réguliers ?

 

Désormais, l’enquête ne vise plus seulement les trafiquants présumés. Elle cherche aussi à déterminer si des représentants de l’État ont contribué à protéger leurs activités.

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