
Face aux tensions géopolitiques et à la hausse des prix des matières premières, la Thaïlande accélère sa stratégie de recyclage du plastique. Le ministre de l’Industrie, Varawut Silpa-archa, a annoncé des mesures d’urgence pour répondre à une pénurie liée aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.
Une crise liée au contexte international
Le conflit au Moyen-Orient, impliquant notamment Israël, les États-Unis et l’Iran, a fortement perturbé les flux de matières premières. Résultat : les prix des granulés de plastique vierge ont bondi de 30 à 40 % depuis fin février, mettant sous pression l’ensemble de l’industrie de l’emballage.
Un défi structurel pour la Thaïlande
La Thaïlande produit chaque année plus de 2,7 millions de tonnes de déchets plastiques, mais n’en recycle qu’environ 25 %. Le reste finit majoritairement en décharge, accentuant les enjeux environnementaux. Dans ce contexte, les autorités entendent transformer cette contrainte en opportunité.
Une mobilisation de l’État et du secteur privé
Le ministère de l’Industrie a engagé des discussions avec plusieurs administrations — Commerce, Ressources naturelles et Santé publique — afin de coordonner une réponse nationale. L’objectif : moderniser les technologies de recyclage et stimuler la demande pour les matériaux recyclés, avec le soutien du secteur privé.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de développement du modèle bio-circulaire-vert, qui vise à réduire l’impact environnemental tout en créant de la valeur industrielle.
Miser sur le recyclage
Le gouvernement espère que la montée en puissance de la production de plastiques recyclés permettra d’atténuer les effets de la hausse des coûts et de réduire la dépendance aux importations.
Le ministre appelle également les citoyens à participer à cet effort, en améliorant le tri des déchets, notamment plastiques.
Une pression accrue sur les industriels
En amont, les acteurs du secteur alertent déjà sur les tensions. Veera Kwanloetchit, directrice du Partenariat public-privé pour la gestion durable des plastiques, souligne la hausse continue des coûts des matières dérivées du pétrole.
Les prix du polyéthylène, du polypropylène et du polyéthylène basse densité — essentiels pour les emballages alimentaires, les bouteilles ou encore les produits de soins — ont nettement augmenté, fragilisant les fabricants.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici










