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THAÏLANDE – ROYAUME-UNI : Le rêve thaïlandais des retraités britanniques menacé par le gel des pensions

Date de publication : 09/06/2026
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Pendant des décennies, la Thaïlande a incarné pour des milliers de Britanniques une promesse simple : profiter d’une retraite plus confortable sous les tropiques grâce à un coût de la vie inférieur à celui du Royaume-Uni.

 

Pattaya, Hua Hin, Phuket ou Chiang Mai sont devenues au fil des ans des terres d’accueil pour une importante communauté de retraités venus d’outre-Manche. Mais ce modèle pourrait être confronté à des défis croissants.

 

D’un côté, Londres vient de confirmer le maintien du gel des pensions publiques pour les retraités installés en Thaïlande. De l’autre, une commission officielle alerte sur le risque de voir des millions de futurs retraités britanniques disposer de revenus insuffisants pour maintenir leur niveau de vie.

 

Autrement dit, ceux qui vivent déjà en Thaïlande voient leur pouvoir d’achat s’éroder, tandis que ceux qui rêvent de s’y installer demain pourraient ne plus en avoir les moyens.

 

Des pensions gelées pour des milliers de Britanniques en Thaïlande

 

Le gouvernement britannique a réaffirmé début juin une politique qui suscite depuis longtemps la colère des expatriés : les retraités vivant en Thaïlande continuent de percevoir leur pension d’État, mais celle-ci n’est pas revalorisée au fil des années.

 

Le ministre des retraites, Torsten Bell, a rappelé que les augmentations annuelles ne s’appliquent qu’aux pays liés au Royaume-Uni par des accords spécifiques. La Thaïlande ne figure pas parmi eux.

 

Concrètement, un Britannique qui s’installe en Thaïlande voit sa pension figée au montant perçu au moment de son départ du Royaume-Uni ou lors du premier versement de sa retraite. Cette somme reste ensuite inchangée, quelle que soit l’évolution de l’inflation ou des pensions versées aux retraités restés au pays.

 

Certaines personnes concernées perçoivent encore des pensions calculées il y a plusieurs décennies. Dans certains cas, elles touchent moins de 20 livres sterling par semaine (environ 24 euros), alors que la pension d’État britannique complète atteint aujourd’hui 241,30 livres sterling hebdomadaires (environ 285 euros).

 

Selon la campagne End Frozen Pensions, près de 450 000 retraités britanniques vivant à l’étranger sont concernés par cette situation. Certains perçoivent aujourd’hui moins de la moitié de ce qu’ils recevraient s’ils résidaient encore au Royaume-Uni.

 

L’association cite notamment le cas d’une ancienne combattante britannique de 99 ans installée au Canada, dont la pension est restée bloquée à 72,50 livres sterling par semaine (environ 86 euros) alors qu’elle atteindrait aujourd’hui 156,20 livres sterling (environ 184 euros) si elle vivait encore au Royaume-Uni.

 

Un problème plus vaste se profile

 

Au-delà de la question du gel des pensions, un rapport publié en mai par la nouvelle Commission britannique des retraites met en lumière une tendance plus préoccupante encore.

 

Selon ses conclusions, près de 15 millions de Britanniques n’épargnent pas suffisamment pour leur retraite. Sans réforme, ce nombre pourrait atteindre 19 millions dans les prochaines années.

 

Plus inquiétant encore, 45 % des adultes en âge de travailler ne cotisent actuellement à aucun régime de retraite complémentaire. Les travailleurs indépendants, les femmes et les salariés aux revenus modestes figurent parmi les catégories les plus exposées.

 

Pour les experts, une partie importante de la future génération de retraités britanniques risque de disposer de revenus inférieurs à ceux des retraités actuels.

 

La Thaïlande reste attractive, mais le coût de l’expatriation augmente

 

La Thaïlande conserve de nombreux atouts : climat, qualité de vie, infrastructures médicales modernes et coût de la vie souvent inférieur à celui de l’Europe occidentale. Mais l’écart se réduit progressivement.

 

Les loyers ont augmenté dans plusieurs destinations prisées des expatriés. Les dépenses de santé privées continuent de progresser, notamment pour les seniors. Les assurances médicales deviennent souvent beaucoup plus coûteuses après 70 ans. Quant au baht, il s’est montré relativement résistant face à la livre sterling ces dernières années.

 

À cela s’ajoutent les exigences financières imposées aux détenteurs de visas retraite, qui doivent justifier d’un niveau minimum de ressources ou maintenir des dépôts bancaires importants. Pour les Britanniques dont la pension reste figée pendant dix, quinze ou vingt ans, l’équation devient de plus en plus difficile.

 

Une question qui concerne aussi les Français

 

Les retraités français ne sont pas confrontés au même problème. Les pensions françaises continuent d’être versées à l’étranger et bénéficient des revalorisations décidées en France. Pour autant, les questions soulevées au Royaume-Uni trouvent un écho chez de nombreux Français installés en Thaïlande ou envisageant de s’y établir.

 

L’allongement de l’espérance de vie, l’inflation, la hausse des coûts médicaux et l’évolution du coût de la vie modifient progressivement les calculs réalisés par les candidats à l’expatriation.

 

La question n’est plus seulement de savoir où passer sa retraite, mais avec quels revenus.

 

Le futur des retraités européens en Thaïlande

 

Pour la Thaïlande, l’enjeu dépasse largement la seule communauté britannique. Depuis deux décennies, le royaume attire un nombre croissant de retraités européens séduits par sa qualité de vie et son attractivité économique. Mais si les revenus des futurs retraités stagnent tandis que les dépenses liées à l’expatriation augmentent, le profil des candidats à l’installation pourrait évoluer profondément au cours de la prochaine décennie.

 

Le rêve thaïlandais restera sans doute accessible à de nombreux Européens. Mais les avertissements lancés aujourd’hui au Royaume-Uni suggèrent qu’il pourrait devenir plus difficile à concrétiser pour les générations futures.

 

Pour Bangkok, qui mise de plus en plus sur l’accueil des retraités étrangers à fort pouvoir d’achat, cette évolution pourrait également avoir des conséquences économiques à long terme.

 

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