
Plus de 200 défenseurs du bien-être animal se sont rassemblés devant le Département des parcs nationaux de Thaïlande pour exiger justice après la mort de l’éléphant sauvage « Sidor Hoo Phap » (Sidor aux oreilles repliées), tué le 3 février lors d’une opération de transfert conduite par les autorités.
Brandissant des pancartes proclamant « Hoo Phap ne doit pas mourir pour rien », les manifestants ont exigé que le directeur général du Département des parcs nationaux assume sa responsabilité et démissionne.
Kittikhun Phonwan, président de l’Organisation thaïlandaise des volontaires pour la protection animale, a conduit la mobilisation, aux côtés de plusieurs personnalités publiques, dont Sai Scott, militant pour la protection des océans, Up Viraya, célèbre agent artistique, et Tuk Dueantem. Ensemble, ils ont dénoncé ce qu’ils estiment être une opération brutale menée par les agents de l’État et l’équipe vétérinaire, qu’ils jugent inacceptable envers un animal sauvage.
Les protestataires ont également soulevé de nombreuses questions sur la manière dont l’opération a été conduite. Ils s’interrogent notamment sur la décision du Département des parcs de ne pas faire appel de l’ordonnance du tribunal administratif autorisant le déplacement de l’éléphant et de ses congénères. Ils demandent aussi pourquoi cinq doses de sédatif ont été administrées, dont certaines alors que l’animal était en train de manger de la canne à sucre.

Les militants ont également mis en cause la méthode utilisée pour évaluer le poids de l’éléphant, la mobilisation de près de 200 agents, l’usage d’outils métalliques pointus pour le capturer, ainsi que le niveau de compétence de l’équipe vétérinaire. Selon eux, ces pratiques ont provoqué une panique extrême chez l’animal et ont contribué à sa mort.
Le collectif réclame désormais une enquête complète sur l’équipe vétérinaire, avec un signalement au Conseil vétérinaire de Thaïlande, l’arrêt immédiat des opérations de déplacement et de stérilisation des éléphants, ainsi que la démission sans condition des responsables jugés impliqués dans ce qu’ils considèrent comme une grave faute professionnelle.
Enfin, les manifestants demandent aussi l’ouverture d’une enquête foncière dans la zone forestière où vivait l’éléphant, afin de déterminer s’il y a eu des empiètements illégaux, la construction de complexes touristiques ou de la déforestation.
Pour les défenseurs de la faune, la mort de « Sidor Hoo Phap » ne doit pas rester impunie et doit marquer un tournant dans la gestion des éléphants sauvages en Thaïlande.
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